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Six salariés sur dix favorables à la semaine de quatre jours

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- - KIM JAE-HWAN / AFP

Parmi les Français favorables à la semaine de quatre jours, 83% préféreraient concentrer leur horaire hebdomadaire sur quatre jours pour conserver le même salaire quand les 17% restants se disent prêts à garder leur horaire quotidien, quitte à réduire leur salaire.

C’est un rythme encore peu développé dans les entreprises françaises. Et pourtant, nombreux sont les salariés à en rêver. Selon une étude menée par l’éditeur de paye ADP, 60% d’entre eux opteraient pour la semaine de quatre jours s’ils en avaient l’occasion.

Dans le détail, 83% des salariés préféreraient concentrer leurs heures hebdomadaires de travail sur quatre jours pour conserver le même salaire. Les 17% restants se disent prêts à ne pas changer leurs horaires journaliers, quitte à percevoir une rémunération moindre.

Ce sont surtout les personnes en milieu de carrière, âgées de 35 à 44 ans, qui approuvent (62%) la semaine de quatre jours. Selon eux, ce rythme permettrait d’accroître la productivité, de réduire le stress et d’obtenir un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

Néanmoins, cette solution ne convient pas pour toutes les situations: "Si dans certains cas, métiers et modèles d’organisation du travail, des rapports montrent qu’il peut être possible de maintenir la productivité en ne travaillant que quatre jours, ce n’est pas une formule magique et si de telles solutions peuvent avoir un impact positif sur l’équilibre entre la vie personnelle et le travail, la nécessité de faire autant en moins de jours, peut aussi être générateur de stress au travail", explique Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse.

Une idée populaire ailleurs en Europe 

Les Français ne sont pas les seuls à plébisciter la semaine de quatre jours. En Espagne, cette idée est encore plus populaire (63%) que dans l’Hexagone. Même chose au Royaume-Uni (61%) voire aux Pays-Bas (61%) où la libre organisation de son temps de travail est déjà beaucoup plus développée qu’en France.

Il faut dire que les Néerlandais travaillent en moyenne 30,4 heures par semaine selon Eurostat, ce qui facilite la concentration des horaires sur quatre jours. Sans pour autant impacter leur efficacité puisque les Pays-Bas se classent au huitième rang des pays les plus productifs du monde. En revanche, les Polonais qui travaillent davantage (40,4 heures par semaine contre 37,3 heures en France) ne sont que 38% à se prononcer pour la semaine de quatre jours.

Au final, "l’objectif de tous, employeurs et salariés, est bien de créer des environnements de travail où chacun peut atteindre pleinement son potentiel, ce qui passe avant tout par des analyses du temps de travail, de mesure de l’engagement des collaborateurs et de création de dynamiques positives pour que le temps passé à travailler ne soit pas vécu comme une contrainte mais bien un moment où chacun peut s’épanouir", conclut Carlos Fontelas de Carvalho.

La semaine de quatre jours pour financer les retraites? 

Elu dimanche eurodéputé sur la liste PS-Place Publique, l’économiste Pierre Larrouturou expliquait fin avril que la semaine de quatre jours pourrait permettre de financer le système de retraite.

"La meilleure façon d'équilibrer le système de retraite, ce n'est ni de reculer l'âge de départ à la retraite, ni d'augmenter la durée légale du travail, c'est de créer des emplois correctement payés pour cotiser", assurait-t-il au journal Marianne. "Il faut augmenter le nombre de gens qui cotisent. Il y a deux leviers pour cela: en lançant un grand pacte climat, qui permettrait de créer 800.000 emplois, et passer à la semaine de quatre jours", avait-il ajouté.

L’économiste envisage ainsi une semaine de 32 heures s’accompagnant d’un maintien du salaire. En contrepartie, toutes les entreprises qui embaucheraient 10% de salariés en plus en CDI bénéficieraient d’une exonération de la cotisation chômage, qui s’élèvent à 8% du salaire brut. Selon lui, 400 entreprises comme Fleury-Michon ou Mamie Nova ont déjà mis en place cette semaine de quatre jours en France, "avec succès" et toutes ont "créé des emplois".

Paul Louis