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Ségolène Royal craint des pénuries d'électricité la semaine prochaine

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie - Patrick KOVARIK / AFP

Le ministère de l’Écologie a convoqué toutes les entreprises du secteur à une réunion de crise vendredi matin. Des consommations d’électricité exceptionnelles sont prévues la semaine prochaine. Encore sept réacteurs nucléaires sont à l’arrêt.

Mobilisation générale. Cette fois, l’approvisionnement en électricité est en question. La semaine prochaine, une nouvelle vague de froid va s’abattre sur la France. Et elle sera plus longue et plus rude que celle de la semaine passée. Météo France prévoit à partir de mardi 17 et jusqu’au dimanche suivant des températures très froides sur toute la France. Jusqu’à -11 degrés dans le centre du pays.

Preuve que la situation est critique, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a, selon les informations de BFM Business, convoqué en urgence tous les acteurs du marché à une réunion de crise vendredi matin. "Météo France annonce une vague de froid significative la semaine prochaine sur l'ensemble du territoire français. Dans ce contexte, nous souhaitons échanger avec vous sur les messages de réduction de la consommation qui pourront être transmis aux consommateurs", expliquent les services du ministère à EDF et ses concurrents.

Le Réseau de Transport d’Électricité (RTE) s’attend à des pics de consommation historiques mercredi, jeudi et vendredi prochain. Des niveaux similaires à ceux de février 2012, lors de la dernière grande vague de froid dont la neige avait paralysé une partie de la France. Sauf qu’à l’époque, tous les réacteurs nucléaires tournaient à plein régime. La semaine prochaine, EDF en aura encore sept à l’arrêt…

Des températures aussi basses qu’en 1956

Les températures seront exceptionnellement basses partout. Elles seront inférieures de 8 degrés aux normales saisonnières. Il faut remonter à 1956 pour avoir des écarts aussi importants! Un niveau d’autant plus extrême que RTE garantit "un approvisionnement maîtrisé" en électricité jusqu’à 3 degrés en-dessous des températures habituelles. Au-delà de 6 degrés d’écart, les moyens exceptionnels sont alors enclenchés. Cela risque d’être le cas.

D’abord, EDF, Engie, Direct Energie et tous les acteurs du marché lanceront une campagne de sensibilisation des consommateurs pour limiter leurs usages aux heures de pointe, le matin et le soir. L’opérateur alternatif Direct Energie a lancé en décembre la sienne, baptisée #TousAuCourant pour avertir ses 2 millions de clients par SMS des tensions sur le réseau.

Importations et baisse de tension

Coté production, EDF va d’abord importer un maximum d’électricité, jusqu’à l’équivalent de sept réacteurs nucléaires, autant qui sont encore arrêtés aujourd’hui... RTE reconnaît que la "situation sera tendue et qu’elle dépendra des pays étrangers, l’Allemagne devant aussi être touchée par la vague de froid". Il faudra alors compter sur l’Espagne.

En cas de mesures exceptionnelles, RTE pourra aussi couper l’alimentation de sites industriels -avec leur accord- pouvant permettre d’économiser jusqu’à l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Une baisse de tension de 5% pourra aussi être mise en place, "imperceptible pour les consommateurs", promet RTE. Reste enfin l’ultime mesure: le délestage. C'est-à-dire des coupures de courant ciblées dans des zones où le réseau sera tendu. La Bretagne et le sud-est de la France sont les deux régions les plus sensibles à ces problèmes d'approvisionnement en électricité. EDF souligne toutefois qu’il n’excédera pas deux heures pour éviter des situations critiques. Météo France doit confirmer ses prévisions météorologiques vendredi matin.

Matthieu Pechberty