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Royal détaille son alternative à l'écotaxe

Pour obtenir l'aval de Bruxelles, Ségolène Royal révise son projet de péage aux frontières pour remplacer l'écotaxe.

Pour obtenir l'aval de Bruxelles, Ségolène Royal révise son projet de péage aux frontières pour remplacer l'écotaxe. - -

La ministre de l'Energie a précisé, ce mardi 29 avril, son idée de péage aux frontières pour remplacer la moribonde ecotaxe. Finalement, son projet concernera également les poids-lourds français.

Ségolène Royal avait annoncé qu'elle voulait remettre à plat l'ecotaxe. La ministre de l'Ecologie précise ce 29 avril les contours de l'alternative qu'elle veut porter. Il s'agit d'un péage à la frontière qui sera acquitté par tous les camions, français compris, afin de ne pas se heurter au refus de la Commission européenne.

L'idée, avancée il y a une dizaine de jours, a été rejetée immédiatement par l'Union européenne qui a mis en garde la ministre contre toute "distorsion de concurrence" et a souligné qu'elle avait opposé un fin de non-recevoir à l'Allemagne sur un projet similaire.

Ségolène Royal était entendue par la commission d'enquête du Sénat sur les modalités de la mise en oeuvre de l'écotaxe, qui était censée s'appliquer aux camions de plus de 3,5 tonnes et financer les infrastructures de transports, mais qui a été suspendu après la contestation des "Bonnets rouges" bretons.

Les opérateurs d'autoroute ne seraient pas pénalisés

Interrogée sur les transporteurs visés par un éventuel péage à la frontière, elle a cette fois pris soin de préciser qu'il ne viserait pas uniquement les camions étrangers, en principe au moins: "C'est les camions venus de l'étranger. Bien évidemment il y a des camions français qui passent la frontière, mais la plupart des camions qui passent la frontière sont étrangers."

Un tel système reposerait toutefois en priorité sur ces camions étrangers. De même, a-t-elle ajouté en reprenant une autre idée déjà formulée, que l'idée d'en contraindre une partie à emprunter les autoroutes et prélever une part du chiffre d'affaires ainsi réalisé par les sociétés d'autoroutes.

Ségolène Royal assure que ces derniers ne seraient pas pénalisés par une telle taxe puisque leurs actionnaires "sont les entreprises de travaux publics". "Ce sont les mêmes qui vont bénéficier des travaux que nous ferons dans le cadre des contrats de plan Etat-régions, des routes, autoroutes ou tramways", a-t-elle dit.

Sur la question de l'écotaxe elle-même, elle a dit attendre la fin des travaux de la commission sénatoriale et de la mission d'information à l'Assemblée nationale, qui l'auditionne mercredi, pour lancer la conciliation avec Ecomouv', société qui était chargée de mettre en place les portiques sur les routes et collecter la taxe.

N.G. avec Reuters