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PSA, Goodyear, Petroplus: Arnaud Montebourg joue l'équilibriste

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, s'est exprimé sur les dossiers brûlants, mardi 5 février.

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, s'est exprimé sur les dossiers brûlants, mardi 5 février. - -

Le ministre du Redressement productif a pris des positions fortes sur plusieurs dossiers brûlants, mardi 5 février. En se gardant bien de heurter les différentes parties.

Chacun son rôle. Ce mardi 5 février, François Hollande s'adresse au Parlement européen, pendant que Jean-Marc Ayrault achève son séjour asiatique. Arnaud Montebourg, lui, a décidé de monter au front sur les dossiers brûlants qui agitent le paysage social français.

Tôt ce matin, le ministre du Redressement productif s’est livré à un délicat numéro d’équilibriste, en prenant des positions fortes sur trois sujets à la fois, et en tentant de ménager les sensibilités de chacun.

Sur RTL, il a d’abord acté la fermeture du site d’Aulnay-sous-bois de PSA. Le hasard faisant bien les choses, Denis Martin, le directeur industriel du constructeur, annonçait simultanément que tous les salariés de l’usine pourraient retrouver un emploi grâce au plan social, suspendu actuellement par la justice française, saisie par la CGT.

Arnaud Montebourg "remercie" Bernard Thibault

Le syndicat, qui ne devrait pas vraiment goûter aux déclarations du ministre, a donc eu droit aux éloges de ce dernier, cette fois-ci sur le dossier Goodyear. "Je remercie Bernard Thibault d'avoir fait oeuvre constructive", a-t-il commenté, à propos des déclarations du patron de la CGT, ultra majoritaire à l’usine d’Amiens-Nord. Ce dernier avait affirmé que sa centrale ne refuserait pas "un plan convenable" pour éviter la fermeture du site.

Le syndicat fait actuellement l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part de la CFDT, pour avoir fait capoter un plan de départs volontaires en 2012. François Hollande a ainsi regretté, le 1er février, que "des occasions (aient) été perdues" l'an passé pour sauver l'usine.

De nouveau recadré par Jean-Marc Ayrault?

Dernier point chaud, la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. Alors que se profile une journée décisive pour les 470 salariés du site, puisqu’il s’agit du dernier jour pour déposer une éventuelle offre de reprise, Arnaud Montebourg a affirmé que l’Etat était prêt à une participation "minoritaire".

Il prend ainsi le contrepied des positions de l’exécutif jusqu’alors. Début janvier, François Hollande avait totalement écarté le fait que l’Etat puisse être le repreneur.

La question se pose donc : Arnaud Montebourg est-il en service commandé par l'Elysée afin de déminer le terrain social, ou est-ce une nouvelle initiative du ministre, qui avait déjà été sèchement recadré à propos du dossier Florange? La réponse ne devrait pas tarder.

Yann Duvert