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Primaire à gauche: Montebourg fait entendre sa différence sur le protectionnisme

Troisième débat de la primaire de la gauche.

Troisième débat de la primaire de la gauche. - ERIC FEFERBERG / POOL / AFP

Les candidats à la primaire de la gauche se sont longuement exprimés sur la question du protectionnisme. Tous défendent plus ou moins un "protectionnisme européen", à l'exception d'Arnaud Montebourg.

Lors du dernier débat de la primaire de la gauche diffusé jeudi soir sur France 2, les candidats ont été invités à réagir à la politique protectionniste prônée par Donald Trump aux États-Unis et plus largement à leur position face au protectionnisme économique. La plupart d'entre eux ont ainsi vanté un "protectionnisme européen". C’est le cas de Jean-Luc Bennahmias: "L’Union européenne que je défends c’est celle qui aura des protections européennes […] Le mot de 'protectionnisme européen' ne me fait absolument pas peur et je pense que dans le monde dans lequel nous vivons, nous devons passer par là", a-t-il déclaré.

De son côté, Vincent Peillon a mis en garde contre le protectionnisme tout en prônant lui aussi une forme de protection européenne. Il s'est dit par ailleurs défavorable au Ceta, traité de libre-échange avec le Canada. Pour Benoît Hamon "les protections sont évidentes, il n’y a que l’Europe aujourd’hui qui ne fixe pas ce qu’elle veut protéger, c’est-à-dire un haut niveau de service public et de protection sociale". Il souhaite dès lors que des normes sociales et environnementales soient établies au niveau européen et que les règles fiscales soient harmonisées.

Un protectionnisme français pour Montebourg

Même son de cloche du côté de Manuel Valls qui pense qu’il faut "davantage nous protéger au niveau de l’Europe parce que le projet européen est menacé de dislocation". Sylvia Pinel a parlé quant à elle de "préférence économique européenne" plutôt que de protectionnisme: "il faut que l’Europe se renforce pour qu’on fasse jouer cette préférence économique européenne en appliquant des normes sociales et environnementales". Enfin, François de Rugy ne souhaite pas "revenir en arrière" sur la question du marché européen "car ce n’est pas dans notre intérêt". Signe qu'il défend le libre-échange européen. 

Seul Arnaud Montebourg a semblé moins enclin à défendre un protectionnisme européen, lui qui souhaite que 80% des marchés publics soient réservées au PME françaises: “Nous avons besoin de remonter notre industrie qui a été dévorée par les dix années de crise". Il a ainsi proposé une “stratégie de reconquête industrielle avec les PME […]en mobilisant les ressources de la nation”.

P.L