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Primaire à droite: les candidats marquent leurs différences sur la fin des 35h

Lors du débat, si tous les candidats ont affiché leur volonté de revenir sur les 35h, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon ont quelque peu divergé sur la suite concrète à donner.

"Les 35 heures ont fait perdre le sens du travail et fait perdre la valeur du travail". Le constat émis par Bruno Le Maire au début du débat est globalement partagé par l'ensemble des candidats à la primaire de droite et du centre présents sur le plateau de TF1 ce jeudi 13 octobre.

Tous ont ainsi marqué leur volonté de revenir sur la durée légale du temps de travail à 35 heures. Et, à l'exception, de Jean-Frédéric Poisson, tous sont d'accord pour donner la main aux entreprises pour organiser elles-mêmes leur temps de travail.

Mais si il y a consensus pour donner le la aux entreprises, plusieurs candidats divergent sur l'application concrète.

L'opposition Fillon - Sarkozy

Ainsi Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il laisserait les entreprises décider elles-mêmes si elles veulent rester au 35 heures ou définir une autre durée du travail hebdomadaire. "Au sens propre je rends leur liberté aux entreprises", a-t-il affirmé. Avec une limite: les 35 heures doivent être payées 35, 36 heures payées 36, etc…. "On ne va pas travailler plus pour gagner moins", a-t-il résumé en référence à son fameux "travailler plus pour gagner plus", l'une des phrases clefs de sa campagne de 2007. "Je ne serai pas la Martine Aubry de la droite", a-t-il affirmé, avant d'ajouter "qu'on ne va pas être des obsédés des 39 heures".

François Fillon lui, s'il laisse aussi les entreprises "libres de négocier par accord majoritaires" n'a en revanche pas exclu que de payer "moins pour gagner plus". Il a ainsi fait référence à l'usine Smart d'Hambach (Moselle) qui avait, via un référendum d'entreprise, permis de travailler 39 heures payées 37. "Ce serait dommage qu'on ne puisse plus le faire demain", a-t-il déploré.

L'ex-Premier ministre s'est d'ailleurs aussi opposé à Nicolas Sarkozy sur le temps de travail dans la fonction publique. Il a rappelé vouloir faire passer le temps de travail à 39 heures dans la fonction publique. "C'est 39 heures c'est comme cela partout dans les autres pays d'Europe. "Il faut aller à 39 heures", a-t-il assuré.

"C'est du détail, ce qui compte qu'ils (les fonctionnaires, ndlr) travaillent plus", a balayé Nicolas Sarkozy qui avait auparavant rappelé qu'il proposait "dans la fonction publique d'État 37 heures payées 37". Pour les collectivités locales, l'ex-président de la République a expliqué qu'il voulait "que chaque exécutif territorial puisse négocier librement". "Ce qu'on fait dans les entreprises on le fait aussi dans les collectivités", a-t-il précisé. 

Quant à Alain Juppé, s'il "dit faire confiance aux partenaires sociaux dans l'entreprise" et se rapproche de l'idée de Nicolas Sarkozy, il compte mettre "une espèce de 'taquet'" pour être sûr que les choses changent. "Si dans les deux ans il n'y a pas d'accord, l'entreprise peut passer aux 39 heures".

Julien Marion