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Pourquoi la France a rendu 35.000 lingots d'or à l'Allemagne en 2014

L'Allemagne, qui détient la deuxième plus grande réserve d'or du monde, rapatrie ses lingots

L'Allemagne, qui détient la deuxième plus grande réserve d'or du monde, rapatrie ses lingots - PAUL J. RICHARDS / AFP

La Bundesbank a rapatrié l’an passé 120 tonnes d’or qui dormaient à l’étranger depuis la guerre froide. Dont un tiers en France. Un mouvement qui va s’amplifier jusqu’en 2020.

C’est un véritable trésor national, caché depuis un demi-siècle à l’étranger, que l’Allemagne est en train de rapatrier sur son territoire. En 2014, la banque centrale du pays a réussi à transférer 120 tonnes d'or à son siège de Francfort. 85 tonnes proviennent de New York, 35 tonnes de Paris. Et le retrait va encore monter en puissance: d'ici 2020, la Buba prévoit de transférer 210 tonnes stockées outre-Atlantique et 307 tonnes stockées dans les coffres de la Banque de France. 

Des réserves de 3.384 tonnes 

"La mise en œuvre du plan de stockage de l’or se déroule selon le calendrier" confie Carl-Ludwig Thiele, membre du comité éxécutif de la Banque centrale. Son objectif est d'avoir rapatrié la grande majorité des 65 % de réserves d'or qui sont toujours entreposées hors du pays. Des réserves qui s'élèvent à 3.384 tonnes, soit près de 80 % des réserves de change du pays. L'Allemagne dispose ainsi de la deuxième réserve d'or la plus importante du monde, derrière les Etats-Unis.

Ce mouvement de rapatriement a débuté en 2013 quelques jours avant les célébrations des 50 ans du Traité d’amitié franco-allemande. La Buba avait alors remercié la Banque de France d'avoir bien gardé son or, tout en justifiant son choix par "l'absence de possibilité de changes entre les deux pays". Sans doute, était-ce une manière de répondre à la pression de la Cour des comptes allemande et d'une partie des eurosceptiques qui réclamaient un audit précis de l'or allemand.

La peur des Russes

Cacher ses réserves d'or est une spécificité allemande qui remonte à la guerre froide. A l'époque, le pays décide de stocker son trésor dans les coffres des autres banques centrales à à Paris, New-York et Londres, par crainte d'une attaque des chars soviétiques. Pour des raisons de sécurité, la RFA avait donc choisi, dès les années 1950, de cacher son or chez ses alliés à l'Ouest. Progressivement, cet or qui a traversé l'histoire, va rejoindre les coffres de la Bundesbank, à Francfort. Des transferts qui se font sous très haute sécurité. 

Ch.L.