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"On peut assurer une sécurité meilleure à budget constant" dit le président de Securitas

La sécurité privée a des marges de progression, selon le patron de Securitas France

La sécurité privée a des marges de progression, selon le patron de Securitas France - Sébasiten Nogier - AFP

Avec les attentats du 13 novembre, la sécurité est évidemment devenue un enjeu des plus importants. Pour l'améliorer, le président de Securitas France, Michel Mathieu, a proposé quelques solutions simples mais aussi la possibilité d'armer les agents sur quelques sites "extrêmement sensibles".

À la suite des attentats du 13 novembre, les entreprises de sécurité privée se retrouvent de plus en plus sollicitées. Dans ce contexte, l'amélioration de la vigilance et de la surveillance est un enjeu majeur. Invité de BFM Business ce vendredi 20 novembre, le président de Securitas France Michel Mathieu a donné quelques pistes. Il a néanmoins commencé par affirmer que "le rôle de la sécurité privée n'[était] pas de lutter ou de se battre contre le terrorisme".

Avant d'expliquer que l'augmentation du nombre d'agents n'était pas la seule solution, bien au contraire. "Il faut améliorer un certain nombre de défenses passives pour retarder l'entrée d'un individu dans un site", fait-il valoir. Ce qui passe notamment par "la mise en protection de nos agents de sécurité; qu'ils puissent accompagner beaucoup mieux le personnel dans un certain nombre de respect de consignes: avoir son badge, être vigilant, ne pas faire rentrer quelqu'un que l'on ne connaît pas en même temps que soi dans l'ascenseur".

"Eberlué" par le nombre de portes non fermées 

Dans un post sur le réseau social LinkedIn publié l'été dernier, Michel Mathieu affirmait être "éberlué par le nombre de portes non fermées qui devraient l'être, de caméras qui ne marchent pas, de caméras mal réglées qui montrent le ciel, de végétations jamais taillées qui ont fini par fermer le champ de l'objectif, de grillages troués, de projecteurs grillés, de clés non gérées, de visiteurs ou de livreurs libres de circuler".

"Tous ces exemples sont réels", réagit-il sur le plateau de BFM Business. "Il y a beaucoup de choses en place; la première chose à faire c'est de les faire fonctionner et de s'assurer qu'elles soient évaluées en permanence". Et Michel Mathieu d'affirmer qu'à l'heure actuelle "on peut assurer une sécurité meilleure à budget constant" avec "l'intégration de l'homme et de la technique". "Cela implique de l'innovation", poursuit-il, ajoutant que Securitas proposerait "des idées nouvelles et des solutions" en janvier prochain.

Armer certains agents

Toujours sur LinkedIn, Michel Mathieu proposait d'armer certains agents de sécurité privée. "C'est un sujet qui apparaît et sur lequel il faut garder mesure" car seule "une centaine de sites en France peuvent être armés par de la sécurité privée et ce sont des sites extrêmement sensibles", nuance-t-il.

"La sécurité privée n'a jamais été armée en France. Ce n'est pas interdit: le cadre législatif existe en France et il est parfaitement adapté. Nous n'avons simplement pas cette culture, au contraire de l'Espagne", développe-t-il. Mais il ne s'agit évidemment pas d'armer les vigiles à l'entrée des Galeries Lafayette: "Ce n'est évidemment pas ce genre de sites qui sont concernés".

Dans son post sur LinkedIn, le patron de Securitas France expliquait qu'il y avait environ 160.000 agents de sécurité en France et que dans ce secteur, "le risque d'infiltration par de futurs terroristes est maximum" en raison "de la population employée". "En six mois plusieurs cas ont été identifiés à l'intérieur de la sécurité privée, certains chez Securitas", a-t-il affirmé. Mais il assure néanmoins que son secteur bénéficie d'une autorité de contrôle, la CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) qui permet d'avoir des filtres et "de réduire le risque de façon intéressante".

Toujours sur ce sujet, Michel Mathieu souligne qu'il est "compliqué de mettre quelqu'un à l'écart dont on aurait identifié le risque de radicalisation". "C'est globalement impossible par le droit du travail. Ce n'est pas parce que quelqu'un est clairement identifié comme étant radicalisé avec des propos appelant au jihad sur Facebook qu'on le licencie", affirme-t-il.

J.M.