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Montebourg veut une nationalisation temporaire de STX France

Arnaud Montebourg veut que l'État monte à 51% du capital

Arnaud Montebourg veut que l'État monte à 51% du capital - Philippe Desmazes - AFP

L'ex-ministre du Redressement productif appelle le gouvernement à prendre la majorité du capital des chantiers navals de Saint-Nazaire, le temps de "construire l'alliance" avec le repreneur italien Fincantieri.

Arnaud Montebourg appelle le gouvernement à agir. L'ancien ministre du Redressement productif et candidat à la primaire organisée par le PS, a plaidé dimanche pour une "nationalisation", "peut-être temporaire", des chantiers navals STX afin de "construire l'alliance en force" avec leur repreneur italien Fincantieri.

Comme on l'interrogeait sur le cas des chantiers navals de Saint-Nazaire, qui comptent 2.600 salariés, Arnaud Montebourg a répondu sur BFMTV que "l'État devrait construire l'alliance avec Fincantieri". "Les Italiens sont des Européens, donc nous pouvons quand même trouver des points de conciliation", mais "ce sont des concurrents, donc nous devons veiller à défendre nos intérêts", a-t-il observé.

"Je me suis prononcé en faveur de la montée au capital, jusqu'à la nationalisation, jusqu'à 51%, que ce soit par l'intermédiaire de l'agence des participations de l'État ou par l'intermédiaire de DCNS, qui est une entreprise publique", a-t-il déclaré. "Cela en vaut la peine" car "nous sommes leaders mondiaux dans la fabrication de navires de croisière, nous avons dix ans de carnet de commandes à Saint-Nazaire, des milliers d'emplois sont en cause".

"Cinq priorités" pour les chantiers navals

"Et je demande au gouvernement de procéder à la nationalisation, qui est peut-être temporaire, de STX, de manière à construire l'alliance en force avec nos amis italiens de Fincantieri", a lancé celui qui n'avait pas eu gain de cause sur sa proposition de nationalisation temporaire en 2012 du site sidérurgique mosellan d'Arcelor à Florange.

En déplacement mercredi à Saint-Nazaire, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue a exposé aux organisations syndicales les "cinq priorités" du gouvernement dans ce dossier: maintien de l'activité à Saint-Nazaire, sauvegarde du réseau de sous-traitance, absence de transfert de commandes sur des sites du constructeur naval italien, entrée au capital de l'industriel français DCNS et préservation de la propriété industrielle.

Fincantieri est le seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre STX France, la filiale française florissante du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuliding, qui accumule pour sa part les difficultés financières.

Les syndicats de STX à Saint-Nazaire se sont dits jeudi peu rassurés, notamment sur l'emploi, par les garanties demandées par l'État au groupe italien dans les négociations sur ce rachat.

J.M. avec AFP