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Montebourg : « Démanteler les paradis fiscaux »

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Le député PS de Saône et Loire Arnaud Montebourg a réagi a l’appel de François Fillon à la disparition des paradis fiscaux.

Arnaud Montebourg, député PS de Saône et Loire, est revenu sur un sujet qui lui est cher : les paradis fiscaux, dont François Fillon a souhaité la disparition : « Nous pouvons prendre un certain nombre de mesures puisque nous en entretenons, comme un certain nombre d'autres pays européens. C'est le cas de Monaco par exemple, qui est une principauté qui vit de l'attraction de l'argent contestable et qui organise le secret, la protection et permet finalement la filtration dans les réseaux de l'économie réelle de cet argent contestable. Il y a, selon le FMI, 72 territoires considérés comme des paradis fiscaux dans le monde ».

« Un paradis fiscal, c'est un endroit qui exerce une basse pression fiscale, où il n'y a pas de réglementation pour le capital. Conséquence, ce sont des territoires où il y a des délocalisations fiscales. Tous les centres de profits des grandes multinationales fichent le camp, par exemple dans les cantons suisses où on les sous-impose. C'est de la perte de matière fiscale pour tous les pays qui ont en charge par exemple des hauts niveaux de service public, des charges de défense nationale. Quand vous avez 1 000 sièges sociaux de multinationales qui se concentrent dans le canton de la République de Genève, vous vous demandez si franchement ce n'est pas de la concurrence fiscale déloyale ».

« J'ai écrit 7 rapports sur le sujet, qui ont été littéralement enterrés. François Fillon, je lui donne des bons conseils pour qu'il réussisse dans son audacieuse entreprise, parce que finalement c'est une victoire politique pour les socialistes que les libéraux se mettent à démanteler ce qu'ils défendaient comme la prunelle de leurs yeux. Aujourd'hui, il faut d'abord mettre fin aux basses pressions fiscales sur les capitaux dans ces territoires, il faut exiger une augmentation de la réglementation sur les établissements financiers dans ces territoires. Et puis, il faut démanteler tout le secret bancaire, fiscal, judiciaire, qui protège tout cet argent contestable. C'est un chantier énorme et c'est un front diplomatique considérable. Si ça ne marche pas, il faudra en venir aux mesures de représailles et de rétorsion ».

La rédaction-Bourdin & Co