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La production de pétrole de l'Arabie réduite de 50% après l'attaque de drones

Les attaques de drones contre les installations pétrolières en Arabie Saoudite ont conduit à "la suspension provisoire de la production" sur les deux sites touchés, ce qui représente environ 50% de la production totale d'Aramco.

Les attaques de drones contre les installations pétrolières en Arabie Saoudite ont conduit à "la suspension provisoire de la production" sur les deux sites touchés, ce qui représente environ 50% de la production totale d'Aramco. - AFP

La production de pétrole de l'Arabie saoudite, le plus gros exportateur mondial d'or noir, est temporairement réduite de moitié après l'attaque de drones survenue hier samedi. Revendiquée par les rebelles yéménites, elle a provoqué des incendies ayant affecté deux sites "stratégiques" du géant pétrolier Aramco.

Dans un communiqué diffusé hier samedi 14 septembre, les Houthis, faction yéménite soutenue politiquement par Téhéran, grand rival régional de Ryad, ont fait état d'"une opération d'envergure contre des raffineries à Abqaiq et Khurais".

Cette troisième attaque de drones en cinq mois contre des infrastructures du mastodonte pétrolier, ont conduit à "la suspension provisoire de la production" sur les deux sites touchés, ce qui représente environ 50% de la production totale d'Aramco. Ces installations temporairement mises à l'arrêt produisent en temps normal 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de la production mondiale de brut quotidienne.

Les explosions de samedi ont déclenché des incendies dans l'usine d'Abqaiq, la plus grande pour le traitement de pétrole au monde, et le site Khurais, qui abrite un énorme champ pétrolier. Les équipes de sécurité d'Aramco sont intervenues pour éteindre des incendies à Abqaiq et Khurais, et "les deux incendies ont été maîtrisés", selon le ministère de l'Intérieur. Une enquête a été ouverte et les autorités ont renforcé la sécurité autour des deux sites visés, empêchant les journalistes de s'approcher. L'attaque n'a fait aucun blessé, a déclaré le porte-parole du ministère, Mansour al-Turki.

Dans les premières cotations lundi matin, les prix du pétrole étaient en forte hausse et gagnaient plus de 10%: le baril américain de WTI augmentait de 10,68% à 60,71 dollars et le baril de Brent de la mer du Nord montait de 11,77% à 67,31 dollars.

L'entreprise pétrolière Aramco prépare son entrée en Bourse

Le site d'Abqaiq, à 60 km au sud-ouest de Dahran, principal siège du géant pétrolier, abrite la plus grande usine de traitement du pétrole d'Aramco, selon son site internet. Khurais, à 250 km de Dahran, est l'un des principaux champs pétroliers de l'entreprise publique. "En fonction de l'ampleur des dégâts et d'éventuelles pannes, Aramco utilisera ses plans d'urgence en puisant dans ses stocks", a expliqué Samir Madani, cofondateur du site de suivi du transport maritime Tanker Trackers. "Il pourrait y avoir des ruptures d'approvisionnement si les dégâts à Abqaiq sont importants".

L'attaque intervient alors que le géant pétrolier Aramco prépare son introduction en bourse qui doit avoir lieu "bientôt", selon son nouveau PDG Amin Nasser.

D'après des experts, les attaques des rebelles yéménites montrent qu'ils disposent d'armes sophistiquées et constituent une menace sérieuse pour l'Arabie saoudite et plus particulièrement pour ses installations pétrolières.

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, a construit cinq gigantesques installations de stockage souterrain à travers le pays qui peuvent contenir des dizaines de millions de barils de divers produits pétroliers raffinés. En revanche, bien que les puits de pétrole du royaume saoudien soient dispersés et difficiles d'accès, ses installations de traitement du brut sont beaucoup plus exposées.

Frédéric Bergé avec AFP