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Dépenses militaires: l'Allemagne rappelée à l'ordre par l'Otan

Jens Stoltenberg, chef de l'Alliance atlantique (avec Angela Merkel sur la photo), demande que "l'Allemagne respecte l'engagement pris avec tous les autres alliés de l'Otan",

Jens Stoltenberg, chef de l'Alliance atlantique (avec Angela Merkel sur la photo), demande que "l'Allemagne respecte l'engagement pris avec tous les autres alliés de l'Otan", - TOBIAS SCHWARZ / AFP

L'Allemagne, en tant que membre de l'Otan, doit honorer sa promesse d'augmenter ses dépenses militaires, a déclaré lundi le chef de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg. Une exigence martelée par Donald Trump depuis de nombreux mois.

Les tensions entre Berlin et Washington restent vives. Après le gazoduc et Huawei, elles repartent de plus belle avec pour sujet les dépenses militaires. Selon le chef de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg, l'Allemagne n'honore pas ses promesses budgétaires. 

Il y a deux semaines, Berlin a annoncé que le budget alloué à ses forces armées allait reculer de 1,37% en 2020 à 1,25% en 2023. L'Allemagne devrait ainsi manquer son propre but de porter ses dépenses de défense à 1,5% du PIB pour 2025. Le problème est qu'en 2014, les pays membres de l'Otan (aujourd'hui 29) s'étaient engagés à ce que ces dépenses soient au moins égales à 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) une décennie plus tard, soit en 2024.

"Inacceptable" et "inquiétant"

Jens Stoltenberg a haussé le ton lors d'une réunion à Washington, à l'occasion des 70 ans de l'Otan. "J'attends de l'Allemagne qu'elle respecte l'engagement pris avec tous les autres alliés de l'Otan", a déclaré son secrétaire général lors d'une conférence de presse au siège de l'Alliance à Bruxelles. Cette critique est reprise par l'ambassadeur américain à Berlin, Richard Grenell, qui juge "inquiétant" la baisse de ce budget dont le montant actuel est "déjà inacceptable".

L'Allemagne n'est pourtant pas le seul membre de l'Alliance à ne pas remplir cet objectif des 2%. En 2018, seuls 7 pays sur 29 le respectaient, la France n'en faisant pas plus parti que l'Allemagne. Depuis son arrivée à la Maison Blanche début 2017, Donald Trump n'a eu de cesse de bousculer l'Otan, accusant les plus proches alliés des Etats-Unis de vivre, en matière de défense, aux crochets de Washington et de ses faramineuses dépenses militaires.

Pascal Samama avec AFP