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Manuel Valls s'intéresse au contrat unique

Le Premier ministre se félicite des effets de la loi sur la sécurisation du travail de 2013.

Le Premier ministre se félicite des effets de la loi sur la sécurisation du travail de 2013. - Martin Bureau - AFP

Le Premier ministre estime que le "coût élevé du licenciement" en France, pour une entreprise, est un frein à l'emploi. Et n'écarte pas l'idée d'un contrat unique. Une mesure proposée avant lui par Nicolas Sarkozy.

Manuel Valls promet de ne pas toucher au CDI… Mais le juge complètement obsolète. Une position pour le moins ambiguë que défend le Premier ministre dans un entretien accordé à l'Obs, à paraître jeudi.

Questionné sur les propositions du prix Nobel d'économie français, Jean Tirole, Manuel Valls partage le "constat" de ce dernier sur le marché du travail, qui "ne crée pas assez d'emploi et génère des inégalités importantes entre, d'une part, des salariés très protégés en CDI et, d'autre part, des salariés très précaires en CDD et en intérim".

La cause de ce déséquilibre? "Le coût trop élevé du licenciement, notamment parce que l'incertitude juridique est trop forte".

"Réformer, ce n'est pas supprimer le CDI"

Pourtant, le Premier ministre était moins sévère en septembre, lors du vote de confiance au gouvernement à l'Assemblée. Il avait alors contré les propositions du Medef en déclarant "réformer, ce n'est pas supprimer le CDI. Réformer, c'est affirmer des priorités en refusant l'austérité", alors qu'il appelait les députés socialistes à voter la confiance.

Aujourd'hui, ses raisons pour ne pas supprimer le contrat à durée indéterminée sont plus terre-à-terre: "Les partenaires sociaux n'ont pas souhaité s'engager sur le contrat unique. Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas intéressant. Mais il faut être pragmatique".

"Le nombre de recours juridique a chuté"

Ce n'est pas la première fois que le contrat unique est évoqué par des hommes politiques. Mais cette proposition venait de François Bayrou en 2012, ou de... Nicolas Sarkozy en 2007. Même avec un prix Nobel de son côté, Manuel Valls va avoir du mal à convaincre les élus socialistes.

Le Premier ministre se contente donc de mettre en avant la loi sur la sécurisation de l'emploi, votée en 2013. Selon lui, elle "encourage fortement la recherche d'un accord entre partenaires sociaux".

"Et déjà, le nombre de recours juridiques a chuté. Pour ce qui est des conflits individuels, une concertation s'engage. Elle devra permettre de rendre la justice prud'homale plus rapide et plus efficace", annonce-t-il.

J. S.