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Jean Tirole: "la situation française est dangereuse", juge le Nobel d'économie

Jean Tirole juge que les Français comprennent mal les enjeux économiques.

Jean Tirole juge que les Français comprennent mal les enjeux économiques. - Remy Gabalda - AFP

Interviewé par BFM Business, le tout nouveau prix Nobel de l'économie 2014 a appelé à mener des réformes pour crédibiliser la France. Il a également jugé qu'il faut réconcilier les Français avec l'économie.

Emmanuel Macron n'est pas le seul à penser que la France doit se réformer. Interrogé sur BFM Business, ce lundi 13 octobre, le tout nouveau prix Nobel d'économie Jean Tirole a lui aussi poussé en ce sens. "La situation française sans être absolument dramatique est dangereuse", a-t-il d'emblée attaqué.

"La France a du potentiel mais elle a besoin de se crédibiliser sur le marché par des réformes et de préparer l'avenir pour les jeunes qui, aujourd'hui, sont beaucoup trop au chômage ou ont des emplois assez précaires", a détaillé Jean Tirole.

"Il faut que nous entrons dans le XXIe siècle. Les pays scandinaves, l'Australie, l'Allemagne l'ont prouvé: on peut améliorer la compétitivité tout en gardant un système social développé". "Je crois que nous pouvons aussi le faire en France", a-t-il affirmé.

En conférence de presse quelques minutes auparavant, Jean Tirole avait déjà appelé à réformer un marché de l'emploi français "assez catastrophique".

"Réconcilier les Français avec l'économie"

Jean Tirole a par ailleurs appelé, sur BFM Business, à ce que "la régulation se fasse au niveau européen avec des techniciens qui ne soient pas forcément soumis aux contraintes de leur gouvernement".

Il a aussi estimé qu'il faut "réconcilier les Français avec l'économie car "il est vrai que la compréhension de l'économie n'est pas parfaite dans le monde, mais particulièrement en France".

"Il va falloir que les gens comprennent un peu les enjeux. Ce n'est pas quelque chose qui va se passer en un jour mais il est important de faire consensus autour de ces sujets", a-t-il développé.

"L'avenir de notre pays en dépend et on ne peut pas faire de réformes faciles sans un certain consensus au niveau de la population", a-t-il conclu.

J.M.