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Macron dévoile sa première mesure pour le pouvoir d'achat

Emmanuel Macron était l'invité de BFMTV et RMC.

Emmanuel Macron était l'invité de BFMTV et RMC. - BFMTV

Invité de BFMTV et RMC, l’ex-ministre de l’Économie, candidat à l'élection présidentielle propose de supprimer certaines cotisations salariales tout en augmentant la CSG. De quoi permettre à un smicard de toucher 250 euros de plus par an.

Emmanuel Macron a dévoilé l'une des premières mesures économiques de son programme. Invité de BFMTV et RMC ce jeudi, l'ex-ministre de l'Économie et désormais candidat à l'élection présidentielle a ainsi indiqué qu'il supprimerait certaines cotisations sociales pesant sur les salaires en contrepartie d'une hausse de la CSG.

"On doit pouvoir diminuer l’écart entre le salaire brut et le salaire net. Aujourd’hui quand vous êtes au Smic vous touchez 1.139 euros nets par mois (en fait 1.129 euros, ndlr). Cela coûte à votre employeur près de 1.600 euros", a-t-il rappelé. "Ce que je veux faire, c’est supprimer les cotisations maladie et les cotisations chômage que paie le salarié. Pour un couple qui est au Smic aujourd’hui, ça fera plus de 500 euros nets de gain par an". Ce manque à gagner pour le financement de la sécurité sociale et des indemnités que verse Pole Emploi sera compensé par une hausse de la CSG "pour tout le monde" a précisé Emmanuel Macron.

Augmenter les salaires en relevant la CSG

S'agit-il de reprendre d'un côté ce que l'État donnera de l'autre? "Non, car la CSG a une base beaucoup plus large", a affirmé l'ancien ministre de l'Économie. "Ce sont les revenus du capital, des revenus de remplacement, des retraités –hors petites retraites, car je veux protéger leur pouvoir d’achat".

Emmanuel Macron ne rentre pas plus dans le détail. Mais si l'on retient les chiffres avancés par le fondateur du mouvement En marche, sa suppression des cotisations salariales représenterait une cinquantaine d'euros par mois sur la feuille de paie d'un smicard. Si, comme l'affirme l'ancien ministre de l'Économie, ses revenus progresseront, avec sa proposition, de 250 euros par an, cela implique que la hausse de la CSG s'élève pour ce salarié payé au smic à une trentaine d'euros par mois.

Par ailleurs, la proposition du candidat à la présidentielle suppose que l'État verse à l'Unedic le manque à gagner généré par la suppression des cotisations salariales affectées à l'assurance-chômage. Mais Emmanuel Macron ne cache pas, il est vrai, son intention de "nationaliser" l'association gérée paritairement par les partenaires sociaux.

Réforme du RSI

Emmanuel Macron promet également de permettre aux travailleurs indépendants de bénéficier du crédit d'impôt compétitivité-emploi (Cice). "Ça veut dire que je m'engage à transformer le Cice (en) allègement de charges dans la durée", a-t-il expliqué.

Il a promis par ailleurs une refonte du régime social des indépendants (RSI), le régime obligatoire de Sécurité sociale qui assure la couverture maladie et retraite des artisans et des commerçants, dont le coût et les dysfonctionnements sont très critiqués par les intéressés.

Y.D.