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Les services secrets français disposeront de 50 millions en 2015

La DGSE, dont le siège se trouve à la caserne des Tourelles à Paris, est la principale bénéficiaire des fonds spéciaux du gouvernement

La DGSE, dont le siège se trouve à la caserne des Tourelles à Paris, est la principale bénéficiaire des fonds spéciaux du gouvernement - Michel Clément-AFP

Le Premier ministre disposera l'an prochain de 50 millions d'euros pour alimenter les services secrets et financer les opérations "spéciales", selon le projet de budget 2015.

Malgré les économies budgétaires, Manuel Valls disposera du même montant de crédits que son prédécesseur à Matignon pour faire tourner les services secrets français et financer d'éventuelles opérations "spéciales" l'an prochain.

Fonds spéciaux

Le projet de budget 2015 prévoit en effet une ligne de crédits de 50,2 millions d'euros au titre des fonds "destinés à la sécurité extérieure et intérieure de l'Etat". Traditionnellement, l'essentiel de ses "fonds secrets" va à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), nos services secrets et de renseignement, qui par ailleurs, dispose de son propre budget de fonctionnement.

Mais ils financent également "les dépenses à caractère sensible" du Groupement interministériel de contrôle (GIC), en clair les écoutes téléphoniques liées au renseignement, au terrorisme et aux grosses affaires de drogue.

Décrets non publiés au JO

En fait le montant des fonds spéciaux est presque toujours dépassé en fin d'année. En effet, le gouvernement abonde ces crédits en fonction des contraintes extérieures qui restent par nature secrètes. Il le fait de façon confidentielle par décret non publié au Journal Officiel.

En 2012, pour 51,7 millions de dotation initiale, les fonds spéciaux ont atteint 65 millions en fin d'année. L'an dernier, ils se sont montés à 68,8 millions d'euros.

Contrôle accru des parlementaires

Depuis 2002, les fonds spéciaux étaient contrôlés chaque année par une commission composée de parlementaires et de membres de la Cour des comptes. Celle-ci remettait un rapport annuel.

La nouvelle loi de programmation militaire 2014-2020 a prévu la disparition de cette commission qui, à vrai dire, ne servait pas à grand chose, pour la remplacer par une délégation parlementaire au renseignement.

Patrick Coquidé