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Les cheminots vont-ils sauver leurs 35 heures?

Guillaume Pepy, le président de la SNCF engage un combat difficile

Guillaume Pepy, le président de la SNCF engage un combat difficile - Eric Pierrot-AFP

"Une négociation sociale à hauts risques s’engage ce jeudi entre la direction et les syndicats de la SNCF. Il s’agit de réécrire d’ici au 1er juillet la convention collective des cheminots et de revoir leurs 35 heures."

Quand on parle réforme sociale à la SNCF, on a tout de suite en tête la grande grève de l’hiver 1995 qui avait obligé le gouvernement d’Alain Juppé à retirer sa réforme des régimes spéciaux de retraite.

On n'en est pas là. Mais le climat est quand même très tendu à la SNCF. Pour preuve, le 9 mars dernier, la grève déclenchée à l’appel de tous les syndicats, CGT et Sud-rail en tête, a été très suivie, en particulier chez les conducteurs, ceux qui peuvent bloquer le trafic.

Moins de congés

L'objet de cette grogne: il faut renégocier la convention collective des cheminots afin d’harmoniser les conditions de travail des employés de la SNCF et des salariés des entreprises privées de fret qui opèrent dans l'Hexagone.

Autant dire que les cheminots de la SNCF doivent logiquement perdre quelques droits acquis et quelques jours de congés au passage.

D’autant que Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, compte en profiter pour renégocier les 35 heures des cheminots. Il veut effectivement "revoir la façon de faire les 35 heures en remettant à plat l’organisation de travail pour être plus efficaces". C’est là qu’il est le plus attendu, si l’on peut dire, par les syndicats.

EDF a réussi à renégocier les 35 heures

Mais il n’a pas forcement perdu d’avance la partie. Prenez par exemple ce qu'il s’est passé tout récemment à EDF, un autre gros bastion syndical. La direction a réussi à signer un accord faisant passer les 26.000 cadres travaillant dans l’Hexagone au" forfait-jours" en perdant une dizaine de jours de RTT mais avec une hausse de salaire en compensation.

"Compromis social trop généreux"

Mais quelle est la position de l’État dans ces négociations sociales? Il a une attitude un peu schizophrénique. D’un côté, en tant qu’État-patron, il soutient évidemment la modernisation sociale dans les entreprises dont il est actionnaire majoritaire.

Il lui arrive même de critiquer les directions pour leur frilosité. C’est ce qu’a fait la semaine dernière Emmanuel Macron lors d’une visite dans une centrale nucléaire. Le ministre de l’Économie n’a pas hésité à dire que le "compromis social a[vait] été trop généreux" à EDF alors que la situation financière se dégradait. Ce qui lui a d’ailleurs valu les sifflets du personnel.

Mais d'un autre côté, quelle sera l’attitude de ce même État en cas de conflit social à EDF ou à la SNCF? Surtout en année préélectorale?

P.C