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Le télétravail plombe le moral des salariés

Un simple accord d'entreprise ou un accord verbal de son supérieur suffit pour adopter le télétravail

Un simple accord d'entreprise ou un accord verbal de son supérieur suffit pour adopter le télétravail - Lindsay Reul- Flickr - CC

Près de la moitié des salariés se disent en détresse psychologique. La cause principale de ce mal-être est le télétravail, selon un baromètre Opinion Way publié ce mardi.

Depuis un an, la crise sanitaire a imposé le télétravail dans la vie des salariés. Le gouvernement vient à nouveau de l'encourager, alors que la France affronte une troisième vague. Mais tous les salariés ne vivent pas bien cette situation.

Près d'un salarié sur deux (45%) se dit en détresse psychologique, selon un baromètre Opinion Way réalisé pour le cabinet Empreinte Humaine, publié ce mardi. En un an, le nombre de dépression a doublé. Comparé à décembre, le taux de dépression est même passé de 21% à 36%. 

La cause principale de ce mal-être est le télétravail. Parmi les plus exposés, les jeunes de moins de 29 ans, les  femmes, mais aussi les managers qui peinent à gérer leurs équipes à distance.

Il manque aux managers des moments informels comme le déjeuner qui permettent de mieux connaître les personnes, avance Christophe Nguyen, président du cabinet Empreinte Humaine. La moitié disent qu'ils ne savent pas, à distance, fixer les limites de contrôle du travail".

Les règles du télétravail encore trop floues

Quant aux salariés, un an après la crise, eux aussi ont du mal à gérer le télétravail. Il est jugé trop monotone et dans beaucoup d'entreprises, les règles restent floues. "Les droits et les devoirs n'ont toujours pas été clarifiées. Il y a des malentendus sur les temps de pause, les amplitudes horaires ont explosé. Malgré la signature d'accords, il reste beaucoup de points à éclaircir", déplore Christophe Nguyen.

Au final, la crise pourrait avoir des conséquences durables. Toujours selon le baromètre Opinion Way, un tiers des salariés jugent que les relations au sein de leur entreprise se sont dégradées et 22% songent même à changer de société à cause du traitement qu'ils ont subi pendant cette periode.

Caroline Morisseau et Pauline Dumonteil