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Le sauvetage de la Grèce, invité surprise des élections allemandes

Les partis politiques sont d'accord: l'Allemagne va devoir remettre la main à la poche pour sauver la Grèce.

Les partis politiques sont d'accord: l'Allemagne va devoir remettre la main à la poche pour sauver la Grèce. - -

Sauver la Grèce pourrait bien coûter 11 milliards d'euros de plus d'ici 2016 a reconnu le ministre allemand des Finances, ce mercredi 28 août. L'opposition, elle, avance la somme de 77 milliards pour 2020. Angela Merkel, elle, estime que la Grèce n'aurait jamais dû entrer dans la zone euro.

En Allemagne, les élections approchent à grand pas. Et l’invité surprise du débat électoral, ce n’est ni le salaire minimum, ni l’immigration, mais la Grèce. L’Allemagne, grande contributrice au plan de sauvetage de la Grèce, s’inquiète du montant de la facture.

Ce qui fait dire à la chancelière Angela Merkel que "la Grèce n'aurait jamais dû être admise dans la zone euro", a-t-elle déclaré sous les applaudissements, lors d'une réunion électorale de quelques centaines de personnes dans la petite ville de Rensburg (nord).

La Grèce est en effet un sujet de préoccupation pour les électeurs allemands. Les besoins nécessaires pour son sauvetage atteindraient d'ailleurs 77 milliards d’euros d’ici 2020, selon Carsten Schneider, responsable du budget au sein du SPD. "Aux quelques 11 milliards d’euros d’ici 2015, d’autres sommes à deux chiffres sont à prévoir entre 2015 et 2020", explique l’élu social-démocrate.

11 milliards supplémentaires?

Faux, lui répond Wolfgang Schaüble, actuel ministre des Finances. "Il confond le brut et le net", explique ce dernier, dans un entretien à la presse allemande, mardi 27 août. Par contre, "l’estimation de 11 milliards d’euros n’est pas irréaliste", a reconnu le ministre.

Le FMI avait estimé fin juillet qu’il manquait 10,9 milliards d’euros au financement du plan d’aide à la Grèce, jusqu’en 2016. Le ministre chrétien-démocrate n’a donc pas fourni d’explication pour la période de 2016 à 2020, celle que redoute justement l’opposition.

La semaine dernière, Wolfgang Schaüble avait annoncé que "la Grèce aurait besoin d'un nouveau plan", qui pourrait intervenir en 2014. "Beaucoup a déjà été fait mais la Grèce est toujours dans une crise d'ajustement", a-t-il rappelé mardi.

Une opposition molle sur la zone euro

Politiquement, cet aveu n’avantage que légèrement les sociaux-démocrates. Peer Steinbrück, leur candidat, fut l’ancien ministre des Finances d’Angela Merkel de 2005 à 2009. Depuis son retour dans l’opposition, il ne s’est que rarement opposé aux décisions de la chancelière sur la zone euro.

D’après le dernier sondage, paru ce mercredi 28 août, la CDU est créditée de 41% des intentions de vote, contre seulement 22% pour le SPD. Les deux candidats doivent s’affronter ce dimanche, à l’occasion du seul duel télévisé de la campagne.

Audrey Dufour