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Le prélèvement à la source n'a pas affecté la consommation

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- - Philippe Huguen - AFP

Selon les chiffres de l'Insee, la consommation des ménages se porte bien en ce début d'année, malgré l'entrée en vigueur du prélèvement à la source. Mais les Français ont également bénéficié des mesures "gilets jaunes" qui ont soutenu le pouvoir d'achat.

C’était la grande réforme de ce début d’année. Entré en vigueur le 1er janvier, le prélèvement à la source ne semble pas avoir provoqué le cataclysme annoncé. Du moins, à court terme. Non seulement le "bug" craint par certains n’a pas eu lieu, mais le "choc psychologique" tant redouté en raison de la baisse du salaire net sur la fiche de paie de 25 millions de salariés et fonctionnaires ne s’est pas non plus manifesté.

Comme le rappelle Libération, les chiffres de la consommation en février, premier mois suivant le premier prélèvement à la source, sont plutôt rassurants. Certes, la consommation des ménages a fléchi de 0,4% sur le mois dernier, selon l’Insee. Mais "cette baisse provient principalement de la chute de consommation d’électricité, liée à des températures relativement clémentes pour la saison", note l’institut.

Pour le reste, les dépenses des ménages ont progressé de 0,6% pour les biens durables et de 0,7% pour les dépenses de vêtements. La consommation alimentaire est, elle, quasi stable (-0,1%).

Des mesures favorables au pouvoir d'achat

Il convient toutefois de relativiser cette analyse. De fait, l’entrée en vigueur du prélèvement à la source a coïncidé avec la mise en œuvre d’une partie des mesures annoncées par Emmanuel Macron et Édouard Philippe en décembre pour répondre à la crise des gilets jaunes.

Dès le mois de janvier, les ménages ont ainsi bénéficié de la hausse automatique du SMIC de 1,5%, du gel des taxes sur les carburants, du gel des tarifs de l’électricité et du gaz, du chèque énergie...

Le paiement de la prime d’activité revalorisée a quant à lui été effectué à partir du 5 février. Par ailleurs, plus de 2 millions de salariés avaient touché en mars la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat pour un montant moyen de 449 euros. Autant de mesures favorables au portefeuille des ménages qui ont probablement soutenu la consommation

Paul Louis