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Le moral des décideurs retombe, des incertitudes trop nombreuses

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Le dernier indice ViaVoice pour BFM Business, le Figaro et HEC montre un net coup d’arrêt dans le moral des décideurs en juillet.

La conjonction des incertitudes aura fini par entamer le moral des décideurs. Malgré une certaine résilience de notre économie face aux vents contraires mondiaux, les décideurs interrogés dans le cadre du baromètre des Décideurs « ViaVoice-HEC Paris-Le Figaro-BFM Business » sont bien plus pessimistes qu’en début d’année.

L’enquête a été réalisée du 28 juin au 2 juillet auprès d’un échantillon de 402 décideurs, représentatif (selon la méthode des quotas appliquée aux critères de sexe, âge, secteur public ou secteur privé) de la population des cadres résidant en France métropolitaine.

L’indice global retombe à -15 contre -11 lors de la précédente vague en juin, juste après la sortie du grand débat national. Il retrouve son niveau d’il y a un an, après être descendu à -29 en début d’année en pleine crise des Gilets jaunes. Le dernier plus haut avait atteint été au printemps 2017 (-9) lors de l’élection d’Emmanuel Macron.

Attentisme

« En ce début d’été, le contexte social et économique semble plutôt favorable et apaisé. En dépit de ce contexte, le baromètre des Décideurs révèle un ralentissement de la dynamique amorcée depuis quelques mois. Ce ralentissement de la dynamique positive est révélateur d’un faisceau croissant d’incertitudes », commentent François Miquet-Marty, Stewart Chau et Laurent Semmel.

« En matière de réformes, le périmètre des dispositifs qui seront adoptés au cours des mois qui viennent (assurance chômage et retraites) introduit également une part d’incertitudes. Plus profondément, l’envol de la dette publique frisant les 100 % du PIB et la lancinante hypothèse d’une « récession à venir », qui serait « pire que celle de 2008 » amplifie drastiquement le champ des incertitudes », peut-on lire.

Conclusion, « si ce contexte du début de l’été consacre la sortie d’un premier semestre de turbulences, se déploie désormais un faisceau d’incertitudes qui jugulent la dynamique positive, et révèle un attentisme économique majeur ».

Dans le détail, 34% estiment que le niveau de vie va se dégrader mais 27% des décideurs estiment néanmoins que d’ici un an, ce niveau s’améliorera, c’est 4 points de plus qu’en juin. 33% pensent que le nombre de chômeurs augmentera dans les mois qui viennent (+4 points) contre 31% tablant sur une diminution.

L’opinion d’Emmanuel Macron résiste mais n’atteint pas la moyenne

Sur un plan plus personnel, 23% des décideurs estiment que leur situation financière s’améliorera dans les prochains moins, c’est 3 points de moins en un mois. Une crainte liée au manque perçu d’opportunités professionnelles. Seuls 24 % des décideurs jugent « importantes » les opportunités pour faire progresser leur carrière soit une baisse de quatre point par rapport au mois de juin.

Vis-à-vis des politiques, Emmanuel Macron reste le mieux placé en terme de proximité avec les préoccupations des Français avec une moyenne de 4,7/10. Le président de la République distance Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure (3,4/10) et Marion Maréchal et Marine Le Pen (3,3). Les représentants de la droite républicaine (Christian Jacob et Laurent Wauquiez) n’obtiennent que 3,1 et 2,8.

Des niveaux assez bas qui confirment une rupture de confiance. Ainsi, 60% des décideurs estiment qu’il n’existe pas de personne connue à qui faire confiance pour parler en leur nom.

« Une crise réelle de la représentativité se confirme par ailleurs autant pour les décideurs que pour les Français. Pour autant, l’opinion du président de la République résiste à cette défiance générale. En cela, à la sortie d’une grogne sociale de grande ampleur, le chef de l’Etat apparait comme la personnalité la plus proche des préoccupations des Français et la plus à même d’incarner des propositions qui vont dans la bonne direction », écrivent les auteurs.

Olivier CHICHEPORTICHE