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Le moral des décideurs reste bas en novembre malgré un très léger regain d’optimisme

Le moral des décideurs reste bas

Le moral des décideurs reste bas - Joel Saget - AFP

Selon le baromètre réalisé par Viavoice pour HEC, Le Figaro et BFM Business, le moral des décideurs reste à un plus bas, à -48 en novembre. Mais l'effondrement des perspectives économiques semblent marquer le pas.

Marqué par le reconfinement et la fermeture des commerces, le mois de novembre a mis fin à tout espoir de reprise rapide de l’économie française. Dans ce contexte particulièrement morose, l’indice du moral des décideurs réalisé par Viavoice pour HEC, Le Figaro et BFM Business reste bas, à -48. Soit une chute de 26 points depuis le mois de janvier.

Pour autant, les résultats de ce nouveau baromètre* publié ce vendredi "nuancent le catastrophisme ambiant", note Viavoice. D’abord, l’indice du moral des décideurs, bien qu’au plus bas depuis six ans, semble avoir atteint un plateau alors qu’il était déjà de -48 en septembre. Ainsi, l’effondrement des perspectives économiques des décideurs marque le pas. S’ils ne sont que 17% à penser que le niveau de vie en France va s’améliorer, ils étaient 14% à partager cette opinion il y a deux mois.

Par ailleurs, si les anticipations en matière d’emploi demeurent désastreuses (92% des décideurs pensent que le chômage va augmenter), la dégringolade observée ces derniers mois est stoppée. Deux tiers des décideurs et 59% de l’ensemble des actifs estiment même qu’il n’y aura pas de suppression de postes dans leur entreprise dans les semaines et les mois qui viennent. Ils sont en outre 17% des décideurs et 19% des actifs à répondre qu’ils auront des opportunités professionnelles "importantes" dans les prochains mois. Des chiffres respectivement en hausse de 1 et 2 points par rapport à septembre.

Une opinion divisée sur la reprise…

Si les décideurs, et même l’ensemble des actifs, semblent légèrement moins pessimistes sur l’ampleur de l’effondrement économique, l’opinion demeure particulièrement divisée sur le redémarrage, témoignant d’une réelle incertitude pour l’avenir.

Seul un quart des décideurs estime par exemple qu’il n’y a pas de raison que l’économie ne reparte pas une fois les restrictions levées. Alors qu’ils sont 35% à anticiper une reprise lente et également 35% à s’attendre à une faillite des petites entreprises qui retarderait un peu plus le rebond de l’économie tricolore. Près de la moitié (49%) des Français projettent ce même scénario noir, tandis que 30% tablent sur une reprise lente et 18% sur un rebond rapide.

"L’opinion est donc tranchée entre ceux pour qui le temps des renouveaux se dessine lentement ayant foi en la créativité, la résilience des acteurs économiques et ceux qui perçoivent avant tout la réalité difficile notamment des petites entreprises dont la situation semble s’aggraver", souligne Viavoice.

… et sur le climat en interne

Les perceptions sur le climat interne aux entreprises sont tout aussi diverses. Si 46% des décideurs estiment que le climat dans leur entreprise évoluera positivement, ils sont 47% à penser le contraire. Ils sont de surcroît 36% à déclarer que leur entreprise a réussi à maintenir un lien de confiance avec les salariés malgré le confinement mais 33% à considérer à l’inverse qu’un fossé s’est créé entre les salariés et leurs managers durant cette période.

Les avis sur le télétravail divergent eux aussi. 54% des cadres jugent favorablement cette nouvelle organisation, contre 43% de l’ensemble des actifs qui conditionnent son développement à un encadrement strict par des accords d’entreprise.

Interrogés sur les efforts qu’ils seraient prêt à fournir pour sauver des emplois et participer au redressement économique, 35% des décideurs suggèrent une flexibilité accrue du temps de travail, 23% accepteraient un gel de leur rémunération et 22% seraient prêts à renoncer à des jours de congés ou de RTT. Ils sont cependant 35% à refuser toutes ces options.

Du côté des actifs, 46% rejettent l'ensemble de ces propositions, tandis que 34% accepteraient une flexibilité du temps de travail, 14% un renoncement à des jours de congés et 14% un gel de leur rémunération. Au contraire, plus de la moitié des actifs (51%) et 42% des décideurs considèrent qu’ils devraient percevoir une récompense financière après les efforts fournis en cette année difficile.

*Enquête réalisée en ligne par la méthode des quotas auprès d'un échantillon de 400 décideurs et de 1000 Français, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco