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Le déficit budgétaire de l'Etat s'est fortement creusé en 2019

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- - Bertrand Guay- AFP

Le déficit budgétaire s'est hissé à près de 93 milliards d'euros, contre 76 milliards un an plus tôt. La faute à une forte hausse des dépenses, tandis que les recettes ont sensiblement reculé.

Le déficit du budget de l'Etat a connu une année plutôt difficile. Il se hisse en effet à 92,837 milliards d'euros à fin décembre 2019, contre 76,002 milliards d'euros à la même période un an plus tôt, selon les données publiées mardi par le ministère de l'Action et des Comptes publics. Soit une progression de 16,835 milliards d'euros entre 2018 et 2019 (+22%). 

C'est néanmoins mieux que les prévisions de la dernière loi de finances rectificatives, qui tablait sur un trou de 97,8 milliards d'euros. Pour Gérard Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, "en 2019, le déficit budgétaire de l'Etat est plus faible que prévu, en amélioration de 4,9 milliards d'euros. Cela traduit le respect des engagements pris par le gouvernement. Nous avons à la fois financé nos priorités tout en veillant à la maîtrise des dépenses".

Comment néanmoins expliquer ce creusement annuel? D'un côté, il y a la hausse des dépenses, qui sont passées en un an de 390 milliards d'euros à 397,98 milliards (+1,9%). De l'autre côté, les recettes se sont repliées de 4,1% à 301 milliards d'euros, contre 313,7 milliards à la même époque l'an dernier.

La privatisation de la FDJ ne compense pas la hausse des dépenses

Dans le détail, le plongeon des recettes est lié à un transfert d'une plus grande part des recettes issues de la TVA vers la Sécurité sociale. "Les recettes fiscales nettes à fin décembre 2019 sont en baisse de 14,1 milliards d'euros par rapport à fin décembre 2018. Cette baisse s’explique principalement par la baisse des recettes nettes de taxe sur la valeur ajoutée de 27,8 milliards d'euros par rapport à fin décembre 2018, du fait de l’augmentation inscrite en loi de finances initiale pour 2019 des transferts aux organismes de sécurité sociale", précise ainsi Bercy. Les recettes (nettes de dégrèvements et des remboursements) de l'impôt sur le revenu sont également en repli de 1,7% à 71,743 milliards d'euros. 

Ces baisses n'ont pas été compensées par les comptes spéciaux, qui intègrent notamment les participations financières de l'Etat. Grâce notamment à la privatisation de la Française des Jeux qui a rapporté 2,1 milliards d'euros, la contribution du solde des comptes spéciaux au solde budgétaire s'envole pourtant, passant de 823 millions d'euros à fin 2018 à 4,075 milliards d'euros à fin 2019. 

Pour les dépenses, les charges de la dette reculent toujours grâce aux taux bas. Elles baissent de 3,1% à 40,256 milliards d'euros. En revanche, les dépenses de personnel progressent de 1,6% (à 131,6 milliards d'euros), celles d'investissement de 5,1% (à 12,4 milliards d'euros) et les dépenses d'intervention de 6,2% (à 95,75 milliards d'euros). 

OC