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La Grèce vers un clash avec ses créanciers?

Le gouvernement d'Alexis Tsipras ne veut pas d'un retour de la troïka à Athènes.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras ne veut pas d'un retour de la troïka à Athènes. - Aris Messinis - AFP

Le gouvernement d'Alexis Tsipras refusera de dialoguer avec les experts de la troïka, a indiqué le ministre des Finances grec. Et ne demandera pas pas une extension du programme d'aide international.

Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre grec, semble bien décidé à faire bouger les lignes. Selon un haut fonctionnaire cité par l'agence Reuters, le nouveau gouvernement va en effet refuser que les inspecteurs de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) reviennent à Athènes. Et ce pour une raison simple: le pays s'apprête à rejeter le programme d'aide international de 240 milliards d'euros dont il bénéficie.

Une version confirmée ensuite par Yanis Varoufakis, le nouveau ministre des Finances grec. A l’issue d’une rencontre avec le chef de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, ce dernier a réaffirmé vouloir "dialoguer" avec l'Europe mais pas avec "le comité branlant de la troïka". 

La Grèce veut repartir de zéro

Le nouveau gouvernement n'a pas davantage l'intention de réclamer une prolongation de la participation de l'UE à ce programme d'aide, qui arrive à échéance le 28 février.

Le tout alors que des responsables de la zone euro estiment qu'il est quasiment certain que la Grèce aura besoin d'une extension de l'aide de ses bailleurs de fonds internationaux. Mais les dirigeants grecs ont dit à plusieurs reprises qu'ils ne voyaient aucun intérêt à poursuivre les négociations en cours, préférant repartir de zéro.

Les inspecteurs de l'UE et du FMI se sont dit prêts à repartir en mission à Athènes après la formation du nouveau gouvernement pour achever la dernière inspection prévue par le plan d'aide, un passage obligé avant le versement d'une tranche d'aide de plus de sept milliards d'euros.

Jeroen Dijsselbloem hausse le ton

Le chef de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a mis en garde vendredi le nouveau gouvernement de gauche anti-austérité d'Alexis Tsipras contre le non-respect des accords passés entre Athènes et ses partenaires européens.

"Ignorer les accords n'est pas le bon chemin à prendre", a indiqué le patron de la zone euro à l'issue de sa rencontre avec Yanis Varoufakis. Il a demandé à la Grèce "de définir sa position pour aller de l'avant à l'avenir".

Y.D. avec AFP