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La Grèce se dote d'une nouvelle loterie pour lutter contre la fraude fiscale

Le Parlement grec

Le Parlement grec - Eleftherios Elis - AFP

Cette tombola d'un nouveau genre doit inciter les Grecs à utiliser davantage la carte bancaire. Le gros lot ne sera, par ailleurs, pas imposable.

La Grèce ne manque décidément pas d'ingéniosité pour lutter contre la fraude fiscale. Athènes va ainsi lancer d'ici à une tombola d'un nouveau genre, récompensant de gros lots de 1000 euros mensuels l'usage de cartes bancaires, a indiqué lundi le ministère des Finances.

Le projet ne date pas d'hier: envisagé depuis des années en Grèce, un des pays européens champions de l'évasion fiscale, il avait été avancé dès 1900 par l'humoriste français Alphonse Allais, dans une chronique intitulée "Importante innovation financière".

En accord avec les créanciers du pays, UE et FMI, le ministère des Finances a affecté une cagnotte de 12 millions d'euros par an à cette loterie, dont l'enjeu est de généraliser les paiements par cartes bancaires plutôt qu'en espèces.

Des "loteries fiscales"

Selon le ministère grec, diverses formules de "loteries fiscales" ont déjà été appliquées ailleurs, notamment au Portugal et en Italie.

En Grèce, le premier tirage mensuel doit avoir lieu fin octobre ou début novembre, pour répartir un million d'euros entre 1.000 gagnants. Le gros lot ne sera pas imposable, mais pourra être saisi s'il échoit à un mauvais payeur, débiteur de l'État.

Le projet d'Alphonse Allais prévoyait que participeraient à la tombola les contribuables s'acquittant de leurs impôts. En version grecque, les bénéficiaires seront les consommateurs, qui se verront attribuer pour chaque achat par carte bancaire l'équivalent d'un ou plusieurs "tickets de loterie".

Le montant de la transaction sera pris en compte, mais plafonné, l'idée étant d'encourager à l'usage systématique des cartes.

Le ministère des Finances s'abstient dans l'immédiat de chiffrer le bénéfice attendu de cette mesure, qui s'inscrit selon lui dans "une bataille de longue haleine et à l'issue encore incertaine" pour convertir le pays à la discipline fiscale.

J.M. avec AFP