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La Grèce demande des "explications" à ses créanciers

Vue sur l'Acropole d'Athènes.

Vue sur l'Acropole d'Athènes. - Flickr cc - Roberto Gauvin

Selon un audit interne indépendant du FMI, le renflouement de la Grèce sans réduction de sa dette a "amplifié" les politiques d'austérité imposées au pays.

Le gouvernement grec juge insuffisante l’aide accordée en 2010 à son pays, et le fait savoir. "Le Fonds monétaire international (FMI) a coopéré avec les Européens pour l'imposition de politiques à notre pays, en coopération avec des gouvernements grecs, et je crois qu'il faut que tous s'expliquent", a indiqué la porte-parole du gouvernement Olga Gerovassili lors d'un point de presse ce vendredi.

Elle a pris la parole alors qu’un audit interne indépendant du FMI révélant des problèmes vient d’être dévoilé. En 2010, le FMI s'était joint aux Européens pour consentir à la Grèce le prêt le plus important de son histoire (30 milliards d'euros) qui a été suivi par deux autres plans d'aide (2012 et 2015) sans jamais réussir à sortir le pays de la récession. Cet audit publié jeudi indique que cette décision du FMI était entachée de "faiblesses" qui ont alimenté les soupçons de partialité de l'institution au profit des Européens. 

Entorse à la règle d'or

Au cœur de ce rapport, figure la décision du FMI en 2010 de modifier une de ses règles d'or pour renflouer la Grèce sans exiger une réduction préalable de la dette du pays, malgré des doutes sur la "viabilité" de celle-ci. Selon ce rapport, le renflouement de la Grèce sans réduction de sa dette a par ailleurs "amplifié" les politiques d'austérité imposées au pays, "contribuant, au moins en partie, à une large contraction de la production et à une perte de soutien du public pour ce programme" d'aide.

"Le FMI n'était ni utile ni nécessaire en Europe, nous ne l'avons pas choisi", a souligné Olga Gerovassili, insistant toutefois sur le fait que son pays allait continuer à "respecter ses engagements" vis-à-vis de ses créanciers en vertu de l'accord de l'année dernière portant sur le troisième prêt lui ayant été accordé.

Restructurer la dette?

Malgré son opposition initiale aux mesures d'austérité, le premier ministre de gauche Alexis Tsipras a été contraint de signer ce nouveau prêt avec l'Union européenne et le FMI tout en réclamant une restructuration de la dette, une thèse adoptée également par le FMI, mais qui divise les Européens.

Le FMI a mis sa participation en suspens, s'il n'y a pas de restructuration de la dette. "Les erreurs du premier prêt pèsent encore sur le pays", a de son côté estimé le président de la République Prokopis Pavlopoulos. Il a souhaité que "des corrections soient faites (...) car nous ne sommes pas à l'origine de ces fautes", a-t-il ajouté tout en insistant sur "la poursuite des réformes".

A.R. avec AFP