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La France recule au classement des pays où il fait bon vivre pour les expatriés

La France recule au classement des pays où il fait bon vivre pour les expatriés

La France recule au classement des pays où il fait bon vivre pour les expatriés - Pexels

Selon le nouveau classement HSBC sur les pays les plus attractifs pour les expatriés, la France se classe en 17e position et perd six places par rapport à l'an passé. L'Hexagone conserve néanmoins une bonne image grâce à son offre culturelle et son patrimoine architectural pour lesquels elle figure en tête.

Après un bond de douze places en 2018, la France rétrograde. Selon l’étude annuelle de la banque HSBC* sur les pays où il fait bon vivre et travailler pour les expatriés, l’Hexagone se classe 17e sur 33 pays étudiés. Un recul de six places donc par rapport à l’an dernier (11e), mais la performance tricolore reste meilleure que celle enregistrée en 2017 (23e).

Sur le podium, la Suisse détrône Singapour de la première marche notamment grâce au critère des "ambitions et perspectives professionnelles" pour lequel elle se classe en première position. De fait, sept expatriés sur dix (71%) disposent d’un revenu disponible en Suisse plus élevé que dans leur pays natal. Rappelons à ce titre que le salaire moyen de ces expatriés s’élève à 111.587 dollars (98.982 euros), soit bien plus que la moyenne mondiale (75.966 dollars soit 67.372 euros).

La Suisse séduit aussi par sa qualité de vie (4e sur le critère "vie de famille" et 7e pour le "style de vie"). 82% des expatriés déclarent ainsi avoir amélioré leur qualité de vie lors de leur déménagement entre leur pays d’origine et la Suisse. Deuxième du classement général, Singapour reste premier sur le critère de la "vie familiale" notamment grâce à son système scolaire. Il devance le Canada qui s’offre quant à lui la première place sur le critère "style de vie". L’Espagne, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Turquie, l’Allemagne, les Émirats arabes unies et le Vietnam complètent le top 10.

La France première pour "l'offre culturelle"

De son côté, la France n’est que 18e sur le critère "style de vie", 14e sur celui de la "vie familiale" et 25e sur celui des "ambitions et perspectives professionnelles". L’Hexagone se distingue néanmoins en occupant la première place du classement en matière d’"offre culturelle" (sous-critère de la catégorie "style de vie") avec 75% des expatriés installés affirmant que la France propose à la fois une offre culturelle diverse et qualitative. C’est beaucoup plus de que la moyenne mondiale (51%).

Sur le plan professionnel, seuls 8% des personnes interrogées déclarent avoir déménagé en France pour améliorer leurs revenus contre 24% en moyenne au niveau mondial. Mais l’Hexagone peut se réjouir d’être la troisième destination des diplômés derrières les États-Unis et Singapour avec 72% d’expatriés diplômés, alors que la moyenne mondiale est de 38%.

La France attire surtout des profils expérimentés. En effet, 40% des expatriés installés sur le territoire sont âgés de plus de 55 ans (contre 22% au niveau mondial) tandis qu’ils ne sont que 22% à avoir entre 18 et 34 ans (31% dans le monde). Ces expatriés semblent vouloir rester longtemps, 50% d’entre eux étant propriétaires d’un bien immobilier en France (36% pour la moyenne internationale) et 81% envisagent de l’occuper durablement. Quant à ceux qui ne sont pas encore propriétaires, 40% souhaitent le devenir dans les prochaines années.

Quid des Français expatriés?

La principale raison qui pousse les Français à quitter leur pays sont les perspectives de carrière. Et ils ne se sont visiblement pas trompés puisque 49% des Français expatriés ont vu leur rémunération augmenter depuis leur départ tandis que 13% ont connu une baisse. Ils sont en outre 39% à déclarer que leur salaire a augmenté dès leur arrivée. Un chiffre qui reste toutefois inférieur aussi bien à la moyenne européenne (47%) qu'à la moyenne mondiale (51%).

64% expatriés Français de moins de 35 ans affirment également avoir développé de nouvelles qualités et compétences grâce à l’expatriation. À l’inverse, lorsque la France est un pays d’accueil, les expatriés sont 58% à dire que cette expérience leur a permis d’apprendre de nouvelles compétences professionnelles. C’est huit point de moins que la moyenne européenne. S’agissant du logement, deux tiers des expatriés sont propriétaires dont 39% dans leur pays d’origine et 36% dans leur pays d’accueil. Les expatriés Français sont donc dans la moyenne puisqu’un tiers d’entre eux ont acheté un bien dans leur pays d’accueil et 39% disposent d’un bien en France.

Globalement, près de la moitié des Français (49%) expatriés déclarent jouir d’une meilleure qualité de vie dans leur nouveau pays, une proportion toutefois inférieure à l’ensemble des expatriés (65%). Si 15% des Français seulement envisagent au moment de leur départ de passer plus de 20 ans à l’étranger, ils sont finalement 28% à vouloir rester plus longtemps une fois installés. Et la majorité d’entre eux (52%) déclarent prolonger l’aventure pour parachever leur évolution professionnelle.

*Étude réalisée à partir d'un questionnaire en ligne soumis entre février et mars 2019 à 18.059 personnes de 163 pays. Seuls les pays comptabilisant au moins 100 répondants figurent dans l'étude finale. 

un salaire en hausse de 35% en moyenne pour les jeunes expatriés

Les perspectives de carrière sont la principale motivation qui pousse les jeunes à partir à l’étranger (47%) tandis que la rémunération arrive en seconde position (29%). En moyenne, le salaire des jeunes expatriés passe de 40.358 dollars (35.789 euros) à 54.484 dollars (48320 euros) lors de leur expatriation, soit une hausse de 35%. Mais plus on s’expatrie tard plus l’augmentation est contenue: 25% pour les 35-54 ans et 9% pour les plus de 55 ans.

Paul Louis