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La BCE maintient ses taux et lance sa revue stratégique

Christine Lagarde

Christine Lagarde - AFP

Si la décision sur les taux était anticipée, les marchés attendent de savoir dans quelle mesure Christine Lagarde va faire évoluer la politique monétaire de la BCE.

La Banque centrale européenne (BCE) a comme attendu laissé ses taux inchangés jeudi, selon un porte-parole, et lancé la première réévaluation de sa stratégie depuis 2003.

Le principal taux d'intérêt a été maintenu à zéro, tandis que les banques se verront toujours appliquer un prélèvement de 0,50% sur les dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients. Ces taux resteront à leur niveau actuel "ou à des niveaux plus bas" jusqu'à ce que l'institution constate un retour durable de l'inflation légèrement sous les 2%, selon le communiqué sur les décisions de politique monétaire.

"La politique monétaire doit demeurer extrêmement accommodante pour une période prolongée afin de soutenir l'évolution des pressions sur l'inflation de base et de l'inflation globale sur le moyen terme.", indique Christine Lagarde la nouvelle présidente de la BCE lors de la traditionnelle conférence de presse.

Par ailleurs, les gardiens de l'euro ont officiellement "décidé de lancer une revue de la stratégie de politique monétaire de la BCE", chantier annoncé en décembre et qui doit les occuper toute l'année. Les résultats de cette réflexion seront présentés en décembre prochain.

Verdir les rachats d'actifs 

La nouvelle définition de la "stabilité des prix" visée par l'institut sera au coeur de la réflexion. L'idée pourrait consister à reformuler cet objectif, aujourd'hui "proche mais inférieur à 2%", en introduisant l'idée de "symétrie".

L'inflation pourrait ainsi dévier d'un côté comme de l'autre autour de 2%, sans que cela pousse l'institution à ajuster immédiatement sa politique. Lors de sa conférence de presse, Christine Lagarde a précisé que "le Conseil des gouverneurs se tient prêt à ajuster tous ses instruments de manière appropriée pour s'assurer que l'inflation se dirige vers sa cible de manière soutenue et conforme à son engagement concernant la symétrie."

La nouvelle présidente Christine Lagarde doit également inclure une conduite plus collégiale de la politique monétaire, les effets secondaires causés par des outils exceptionnels comme le taux négatif et, point nouveau, la prise en compte des enjeux climatiques.

Il s'agirait par exemple de "verdir" les rachats d'obligations publiques et privées, le fameux "QE" par lequel la BCE a engagé plus de 2.600 milliards d'euros depuis 2015 pour soutenir l'économie, en l'orientant vers des titres respectant des critères environnementaux.

Christine Lagarde a également précisé sa vision des risques économiques, après avoir estimé en décembre qu'ils s'atténuaient légèrement. Les risques "liés aux facteurs géopolitiques, au protectionnisme croissant et aux fragilités des marchés émergents" sont "moins prononcés" maintenant "que l'incertitude entourant le commerce international a diminué", a expliqué Christine Lagarde ce jeudi face à la presse.

"Les données publiées depuis notre dernière réunion sont conformes à notre scénario de base d'une croissance persistante mais modérée de l'économie de la zone euro", nuance néanmoins la présidente. "La faiblesse du secteur manufacturier continue de peser sur l'élan de croissance de la zone euro".

OC avec AFP