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L'Europe est "ouverte" à une consolidation dans les télécoms, assure Stéphane Richard

Stéphane Richard, le patron d'Orange.

Stéphane Richard, le patron d'Orange. - Orange/Amélie Laurin

Alors qu'Orange a encore démenti, la semaine dernière, l'idée d'une fusion avec Deutsche Telekom, son patron a néanmoins rencontré (avec son homologue allemand) la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager.

"Clairement aucune discussion." Ce mercredi matin, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a une nouvelle fois mis fin aux rumeur sur une éventuelle fusion avec Deutsche Telekom, lors d'une journée de rencontre avec les investisseurs à Paris.

La rumeur est pourtant tenace et avait fait la une de la presse économique allemande, la semaine dernière. Le journal Handelsblatt affirmait ainsi qu'un rapprochement avec le groupe tricolore était une option envisagée par le géant allemand pour croître sur le marché européen. Orange avait alors rapidement coupé court en démentant tout projet en ce sens.

"Tout qui est pan-européen..."

Néanmoins, Stéphane Richard et son homologue de Deutsche Telekom ont rencontré la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, lundi dernier, révèle le patron d'Orange. La Danoise est celle qui surveille de près tout projet de fusion, comme celui qui concernait Alstom et Siemens et pour lequel elle avait apposé son veto. "Nous ne devons pas nous attendre à une inflexion majeure de l'approche de la Commission européenne en ce qui concerne la consolidation du marché", a indiqué Stéphane Richard. En clair, Margrethe Vestager ne fera pas de grandes concessions sur des atteintes à la concurrence en Europe, malgré les appels du pied des gouvernements.

"Mais dans le même temps, elle nous a dit très clairement qu'elle était très fortement favorable à un partage des réseaux et à une consolidation des réseaux, ce qui est une forme de consolidation" souligne Stéphane Richard. "Le second point, c'est qu'elle nous a dit que tout qui est pan-européen serait fortement soutenu par la Commission européenne."

Revoir la politique de la concurrence

Que faut-il en déduire? Que la Commission devrait probablement assouplir sa doctrine mais à la marge uniquement. Margrethe Vestager "a, dans sa lettre de mission, la nécessité de revoir toutes les politiques, y compris la politique de la concurrence" expliquait ainsi lundi Thierry Breton sur BFM Business, précisant que ça ne voulait "pas dire tout bouleverser".

Reste qu'une fusion entre Orange et Deutsche Telekom semble compliquée. Les deux entreprises ne pèsent pas le même poids (75 milliards d'euros pour l'Allemand contre 42 milliards pour le second), une fusion entre égaux serait donc, actuellement, hors de question. Pareillement, la présence de l'Etat français, de nature très interventionniste, est un obstacle côté allemand. Nul besoin, donc, de l'Union européenne, pour refroidir la spéculation.

Thomas Leroy