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L'accès au crédit s'améliore pour les PME, même si 250.000 TPE restent fragiles financièrement

Les patrons de PME-ETI s'inquiètent d'une baisse de la croissance et des tensions commerciales.

Les patrons de PME-ETI s'inquiètent d'une baisse de la croissance et des tensions commerciales. - Crédit photo: Eric Piermont

Les très petites entreprises, qui souffrent le plus de problème de trésorerie, sont moins bien loties que les PME de plus grande taille.

Globalement, les PME françaises vont mieux, notamment parce qu'elles accèdent plus facilement au crédit. C'est une des conclusions du vaste rapport sur le financement des TPE/PME réalisé par l'Observatoire du financement des entreprises et publié ce mercredi.

"Par rapport au milieu des années 2010, la situation économique et financière des PME et TPE (très petites entreprises) françaises s'est améliorée" et la crise des gilets jaunes ne semble pas avoir eu d'effets trop néfastes, peut-on lire.

Les taux d'accès au crédit donc, "atteignent des niveaux inédits" et "pour les PME (moins de 250 salariés) peuvent difficilement croître davantage", tandis que ces entreprises ont obtenu à 90% en moyenne les crédits de trésorerie demandés et à plus de 95% leurs crédits d'investissement sur les quatre derniers trimestres, selon le rapport.

14% des TPE en difficulté financière

La situation est quelque peu différente pour les TPE de moins de 10 salariés qui structurellement sont celles qui ont les plus gros problèmes de trésorerie (20% n'ont pas de fonds propres contre 7% pour les PME), précipitant souvent leur chute. La part de TPE considérées en difficulté financière, c’est‑à‑dire présentant une situation dégradée à la fois dans leurs fonds propres et leur trésorerie, est de 14% (250.000 TPE sur les 1,8 million de TPE retenues dans l’analyse).

Pour ces entreprises, les octrois de crédits de trésorerie se hissent à 70%. Pour les dépenses d'investissements, c'est toutefois meilleur avec un taux de 87%. "Si des demandes de crédit sont refusées, ce n’est lié ("toutes choses égales par ailleurs") ni à la taille de l’entreprise, ni à son ancienneté (dès lors que le stade de la création est passé), ni à son secteur, mais à sa situation financière, qui peut être résumée par des indicateurs de solvabilité et de rentabilité", peut-on lire dans le rapport.

Rappelons que les TPE-PME font appel aux banques à 85% pour leurs crédits, contrairement aux grands comptes qui passent le plus souvent par les marchés. 80% de ces entreprises ont contracté des dettes, c'est moins que les 100% des années 2006-2012 mais la croissance de ces crédits (+6% par an depuis 2018) commence un peu à inquiéter en cas de remontée des taux. D'autant plus que ces emprunts sont basés sur des taux variables dans la plupart des cas.

La question du financement "plus prioritaire"

Le rapport rappelle qu'il existe aujourd'hui de "nouvelles formes" de crédit (sur le court-terme, affacturage...) mais "ces possibilités nouvelles (sont) encore peu utilisées par les PME‑TPE".

Reste que cette amélioration d'accès constaté depuis maintenant cinq ans retire une grosse épine dans le pied des patrons. "La question du financement n'est aujourd'hui plus prioritaire dans les préoccupations des chefs d'entreprise", selon l'observatoire, alors que "la disponibilité de travailleurs qualifiés", "trouver des clients" et "la réglementation" constituent désormais leurs premiers soucis.

Tout comme le non respect des délais de paiement malgré le récent renforcement des amendes et la publication des noms des mauvais payeurs. Mais la situation semble s'améliorer selon la 9e édition du baromètre du cabinet ARC (juristes d'affaires) réalisée par l'Ifop (500 entreprises de 50 salariés et plus interrogées). Ainsi, entre 2018 et 2019, le retard de paiement moyen est passé de 11,5 jours à 10,9 jours dans les PME et de 10,1 jours à 8,9 jours pour les grands comptes. 

Dans le détail, il est de 12,3 jours entre PME (contre 12,6 jours en 2018), de 5,7 jours entre une PME et une grande entreprise (contre 7,4 jours), de 9,2 jours entre une grande entreprise et une PME (contre 10,3 jours) et de 7,9 jours entre grandes entreprises (contre 9,4 jours il y a un an).

Olivier Chicheportiche