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Jean-Marc Ayrault défend le "nouveau modèle français"

Le Premier ministre défend la ligne suivie depuis mai

Le Premier ministre défend la ligne suivie depuis mai - -

Répondant à Jean-François Copé, le leader de l'UMP qui a défendu avec véhémence sa motion de censure, le chef du gouvernement a justifié le bon dosage de sa politique économique. Il a fait quelques annonces concernant en particulier la rémunération des dirigeants.

"Pourquoi avoir nié l'ampleur de la crise?". "Les Français voient qu'on ne prend pas les bonnes décisions"; "Ce qui est possible pour l'Allemagne est possible pour la France"; "Que manque-t-il donc?: les bonnes décisions liées à un autre chemin"; "Que reste-t-il des engagements de François Hollande? "; "Avec vous, la France est incapable de tenir ses engagements"; "Vous êtes au pied du mur".

A coup de phrases-choc de ce genre, dans un discours de près de 35 minutes, Jean-François Copé, le patron de l'UMP, a dressé un réquisitoire implacable de la politique économique et sociale suivie depuis l'élection de François Hollande à l'Elysée.

Défense et illustration d'une politique et d'une méthode

Montant ensuite à la tribune de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault a entrepris en 40 minutes de défendre bec et ongles la politique suivie depuis mai. "Comment retrouver le modèle français? ". "Il s'agit de réarmer le pays. Voilà la mission du gouvernement", a-t-il lancé en préambule.

Le Premier ministre a ensuite vanté la mise en place d'un "nouveau modèle français" grâce aux réformes engagées par son gouvernement. "Je sais ce que doit être la France à la fin de ce quinquennat". Un état désendetté, une fiscalité plus juste, des entreprises plus compétitives, de nouvelles sécurités pour le salarié, une protection sociale assainie et réformée, a-t-il détaillé.

"La dette est l'ennemie"

"La dette est l'ennemie de la France", a-t-il ajouté dans une envolée digne de la IIIème République. L'essentiel du redressement viendra de l'effort sur la dépense publique, a promis le Premier ministre.

Il a affirmé que le gouvernement fait un "effort historique" jamais entrepris auparavant, avec en particulier un engagement d'un "programme sans précédent d'économies".

Il a bien sûr évoqué la "grande bataille de l'emploi" que "nous allons gagner". "En dix mois, nous avons fait ce qui n'a pas été fait en 10 ans." Les outils sont là, "c'est pourquoi j'appelle chacun à les mettre en oeuvre".

"Compromis historique"

Jean-Marc Ayrault a fait aussi quelques annonces. Dans quelques semaines, il proposera un projet de loi sur la rémunération des dirigeants d'entreprises privées. En même temps qu'un projet abrogeant le cumul des mandats, ainsi qu'une loi sur les conflits d'intérêts concernant les élus et les politiques.

"Rétablir le primat du travail": il a ensuite revendiqué "de sortir d'un parternalisme qui infantilise le pays". "Compromis historique": il a utilisé ce terme pour évoquer sa méthode de négociation. "Le gouvernement propose, on négocie et on décide." Une référence aussi à l'accord sur la sécurisation de l'emploi signé en janvier par les partenaires sociaux qu'il a remerciés pour leur paraphe.

Enfin, sur la réforme des retraites, même méthode pour sauver les principes du régime par répartition, a-t-il annoncé. "Chacun devra fournir des efforts." Idem pour la branche famille où il faudra trouver des économies. En résumé, Jean-Marc Ayrault a estimé qu'il fallait réformer les régimes sociaux pour sauver le fameux modèle français qu'il a vanté au début de son discours.

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Patrick Coquidé