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Hollande: "Il n'y aura pas de prospérité s'il n'y a pas de sécurité"

Le président de la République a tenu, ce vendredi 23 janvier à Davos, un discours dominé par la menace terroriste. S'adaptant à son auditoire, il a appelé les entreprises à apporter leur participation dans la lutte contre ce fléau.

François Hollande adapte son discours à son auditoire. Le Président français s'est rendu pour la première fois au Forum économique mondial à Davos ce 23 janvier. Deux semaines après les attentats djihadistes qui ont bouleversé l'Hexagone, il est revenu sur "la menace terroriste" en prenant soin de lier cette menace avec l'économie.

"Tous les pays sont susceptibles d'être touchés par le terrorisme, tous doivent s'y préparer". Et face à cette menace, "la réponse doit être globale, internationale, partagée entre les Etats qui sont en première ligne". Les pays doivent donc coopérer, "mais les entreprises, notamment les plus grandes, ont aussi à intervenir", a-t-il ajouté.

L'économie pour "lutter conte la désespérance"

S'adressant à son auditoire, il a affirmé qu'en "parlant ici, d'économie, de croissance et d'innovation vous devez servir la sécurité et la stabilité". "Je vous appelle, vous forces vives du monde et chefs d'entreprises, à ne pas seulement faire prendre de vigilance mais d'engagement", a-t-il poursuivi.

Il s'est plus particulièrement adressé "aux grandes entreprises du numérique" qui doivent "prendre leur part en identifiant les contenus illégaux et en les rendant inaccessibles". "Vous êtres une partie prenante de la régulation", a-t-il ajouté, le président ayant auparavant rappelé que "le terrorisme utilise internet comme une arme d'endoctrinement et de manipulation". 

Plus globalement, le président a appelé "toutes les entreprises à appuyer les Etats les plus fragiles au nom de la solidarité mais aussi de la sécurité". François Hollande avait auparavant bien affirmé que "l'économie est une réponse contre la désespérance et l'insécurité". "Il n'y aura pas de prospérité s'il n'y a pas de sécurité", a-t-il insisté.

La décisions de la BCE "nous oblige à faire preuve d'audace"

Enfin, celui qui, en 2012, considérait la finance comme son ennemi lui demande aujourd'hui de collaborer avec lui dans le combat que les démocraties mènent contre les jihadistes :"j'appelle le système financier à couper les sources d'alimentation du terrorisme, à en finir avec les paradis fiscaux et à lutter contre le blanchiment d'argent". "Ne laissez pas agir une bête qui vous frappera aussi", a-t-il ensuite déclaré. 

François Hollande a également dit un mot de la décision de la Banque centrale européenne. Se réjouissant du plan de soutien massif annoncé la veille par le président de la BCE Mario Draghi, il a affirmé que "le premier effet (de cette décision, ndlr) c'est de pouvoir orienter l'épargne vers les entreprises et non vers les Etats, et privilégier ainsi le financement des entreprises".

Il a également tenu à rassurer Angela Merkel. Non cette décision n'est pas une excuse pour ne pas poursuivre les réformes mais au contraire "elle nous oblige à faire preuve de plus d'audace pour lever les obstacles à la croissance et à l'emploi". 

J.M.