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Pouvoir d'achat: Edouard Philippe répond aux questions directes de salariés

Interrogé par les salarié(e)s d'une usine de Haute-Vienne (87) qu'il visitait, Édouard Philippe a expliqué les mesures de pouvoir d'achat et répondu à des revendications portées par les gilets jaunes, telle la suppression de l'ISF.

En visite dans l'usine de la coopérative de fruits Limdor de Saint-Yrieix (Haute-Vienne), au sud de Limoges, le Premier ministre a répondu à des questions de salarié(e)s liées aux mesures de soutien au pouvoir d'achat et aux revendications portées par les gilets jaunes.

> Suppression de l'ISF:

Interpellé sur la suppression de l'ISF, le chef du gouvernement a déclaré: "il nous a semblé que les inconvénients qui s'attachaient à cet impôt sur la fortune étaient supérieurs à ses avantages. L'ISF, qui rapportait environ 5 milliards d'euros, a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière qui rapporte à peu près un milliard" a tenu à rappeler en préambule le Premier ministre.

Édouard Philippe a ensuite argumenté en exposant les raisons qui ont conduit le gouvernement à supprimer l'ISF en 2017:

"Certains contribuables qui auraient dû être assujettis à l'ISF connaissaient très bien les règles créées pour éviter de le payer. Ensuite, beaucoup de gens ne voulant pas le payer ont quitté la France pour s'expatrier en Suisse, en Belgique ou à Londres. Ils ont été assez nombreux à partir et à ne plus payer l'ISF ce qui a aussi entraîné une perte de nombreux autres impôts. Résultat, on a perdu sans doute plus de richesses que ne rapportait l'ISF. Enfin, on a considéré que cet impôt nuisait à l'attractivité de l'économie française".

> Prime d'activité:

Interpellé sur les raisons pour lesquelles certains salariés payés au Smic n'avaient pas droit à la prime d'activité, Édouard Philippe a rappelé que les mesures gouvernementales élargissaient le nombre des bénéficiaires de la prime d'activité à des salariés touchant individuellement jusqu'à 1,3 fois le SMIC et à des couples dont chacun des membres sont au SMIC.

"Dans les exemples que vous m'avez donnés, il est possible que n'ayez pas eu droit à la prime auparavant, mais que compte tenu ce que vous m'avez décrit, vous basculiez désormais dans le champ de ceux qui bénéficient de la prime d'activité", a répondu le chef du gouvernement à une salariée en couple gagnant un peu plus que le SMIC et dont le mari est payé au SMIC et qui s'estimait non concernée par la prime d'activité.

Le chef du gouvernement a fait aussi son mea culpa à propos du processus nécessaire pour demander la prime d'activité.

"Il faut en faire la demande auprès de la CAF ce qui n'est pas hyper-pratique. Il y a plein de gens qui ne savent pas comment il faut faire et il y a plein de gens qui ne savent qu'ils y ont droit. Donc là nous avons un effort assez massif de communication et d'explication à faire", a souligné Édouard Philippe.

> Prime mobilité:

Interpellé par un salarié effectuant 70 km aller et retour chaque jour pour se rendre de Limoges, où il réside, à Saint-Yrieix, où il travaille, le chef du gouvernement a précisé que se tenaient actuellement des concertations réunissant les organisations patronales, les syndicats de salariés et les régions, pour définir ce que serait la prime mobilité.

"Ils se sont réunis pour définir les contours de ce que pourrait être une prime qui accompagnerait ceux qui travaillent et qui ont besoin de leur véhicule car il n'y a pas d'autres moyens de transport à leur disposition. Ils sont en train d'y travailler et ce sujet fait l'objet d'une négociation qui est en cours".
Frédéric Bergé