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L'Insee confirme une croissance qui tient le coup et un chômage en baisse pour 2019

L'activité dans le secteur privé a été tirée par le dynamisme des services.

L'activité dans le secteur privé a été tirée par le dynamisme des services. - -

L'Insee prévoit une croissance de 1,3% en France cette année, principalement alimentée par la consommation des ménages. Cette performance est meilleure que la moyenne de la zone euro et devrait permettre de continuer à faire baisser le chômage.

Après une courte période d'accalmie, l'horizon s'est à nouveau assombri pour l'économie mondiale. Alors qu'en début d'année, les négociations entre la Chine et les États-Unis semblaient se détendre, Donald Trump a relancé la machine à taxes sur les importations. Les incertitudes se sont renforcées, le commerce mondial devrait sensiblement ralentir cette année, tout comme l'ensemble des économies.

Pour compenser ces effets négatifs, les principaux pays de la zone euro, dont la France, ont décidé de mettre en place des mesures de soutien budgétaire. Le pari est de maintenir l'économie à niveau grâce à la consommation intérieure. Quoi qu'il en soit, la croissance de la zone euro ralentirait à 1,2% cette année, après 1,9% en 2018.

Moins sensible que ses voisins à l'évolution du commerce mondial, la France devrait un peu mieux s'en sortir. Dans sa note de conjoncture publiée ce jeudi, l'Insee prévoit une croissance de 1,3%, portée principalement par la consommation, mais aussi l'investissement des entreprises, bien qu'il soit moins dynamique. La croissance tricolore poursuivrait ainsi son ralentissement, après 1,7% en 2018 et 2,4% l'année précédente, mais à un rythme modéré. Pour mémoire, la croissance tournait autour de 1% entre 2014 et 2016.

L'attentisme des Français va-t-il se poursuivre?

La situation n'est donc pas catastrophique. Toutefois, les statisticiens s'attendaient jusque-là à mieux. Lors de sa précédente estimation en mars, l'Insee tablait sur une croissance de 0,4% au premier et au deuxième trimestre de 2019. Désormais, il ne compte plus que sur un rythme de 0,3% pour les quatre trimestres de l'année, soit le même depuis un an et demi.

Que s'est-il passé? "La consommation a accéléré, mais moins que ce qu'on aurait pu attendre", explique Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l'Insee. Le pouvoir d'achat a pourtant bondi de 0,9% au premier trimestre, sous l'effet des mesures d'urgences sociales, en particulier la prime exceptionnelle. Malgré ce gain, la consommation a progressé de 0,4%, contre 0,5% attendu. 

Cette prudence des ménages reflète un certain "attentisme", observe Julien Pouget. La crise des gilets jaunes est sans doute encore dans les têtes, même si la mobilisation dans la rue a fortement chuté. De manière générale, les experts de l'Insee ont observé que lorsque les Français ont des gains de pouvoir d'achat, ils mettent entre 9 et 21 mois pour les dépenser. 

Le comportement des ménages pourraient encore changer dans les prochains mois. Sur l'ensemble de l'année, leur pouvoir d'achat aura augmenté en moyenne de 2,3%, du jamais-vu depuis 2007. Les mesures ont certes été décidées fin décembre mais certaines, comme le remboursement de la CSG pour les retraités ayant une pension entre 1200 et 2000 euros, sont intervenues il y a peu. Par ailleurs, la seconde baisse de la taxe d'habitation, qui constitue un fort gain de pouvoir d'achat, ne sera visible qu'à l'automne. Sachant que, depuis le point bas de fin 2018, la confiance des ménages se redresse nettement ces derniers mois, "on n'est pas à l'abri d'avoir de bonnes surprises", estime Julien Pouget.

Le chômage à 8,3%

Même si la croissance progresse à un rythme de 1,3% sur l'année, cela devrait rester suffisant pour faire baisser le chômage. Après 182.000 créations nettes d'emplois en 2018, l'Insee en prévoit 240.000 pour cette année. L'industrie et la construction seront les principaux pourvoyeurs d'emplois et les experts ont observé une bonne surprise du côté de l'intérim, dont l'évolution est stable alors qu'elle était attendue en baisse. 

Par ailleurs, la population active (autrement dit les salariés et les chômeurs) croît à un niveau moins élevé qu'auparavant, notamment à cause du vieillissement de la population. Cela signifie qu'il y a plus de nouveaux retraités chaque année que de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. De plus de 100.000 par an, la population active ne devrait gagner que 70.000 personnes en 2019. Les créations d'emplois étant nettement supérieures à ce niveau, le chômage devrait continuer sa décrue. L'Insee table sur une baisse de 0,5 point par rapport à fin 2018, pour atteindre 8,3%.

Jean-Christophe Catalon