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Baisse de l’impôt sur le revenu: les questions que pose l’annonce de Darmanin

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- - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le ministre des Comptes publics a annoncé ce mercredi que 95% des ménages assujettis à l’impôt sur le revenu allaient voir leurs prélèvements baisser l’année prochaine. Mais qui sont précisément ces foyers ? Et comment le gouvernement compte-t-il financer cette mesure à 5 milliards d’euros ?

Le gouvernement s’apprête à prendre une mesure forte face au ras-le-bol fiscal exprimé par de nombreux Français. Il va baisser l’impôt sur le revenu pour 95% des foyers qui le paient, a annoncé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin ce mercredi. Cette mesure grèverait de 5 milliards d’euros les recettes fiscales de l’État. Et pour les Français qui paient l’impôt sur le revenu, la baisse moyenne serait de 300 euros, a affirmé le locataire de Bercy. Avec des baisses plus importantes pour la classe moyenne que pour ceux qui ont des revenus élevés, a-t-il détaillé.

Mais qui précisément va voir sa retenue à la source baisser sur ses fiches de paie de janvier 2020? La semaine dernière, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait indiqué vouloir cibler les deux premières tranches d’imposition : celle à 14% et celle à 30%. Le fisc ne précise pas la part de contribuables assujettis aux différentes tranches. Mais selon les estimations de BFM Eco, 16,1 millions de foyers seraient taxés au maximum à 30% sur une partie de leurs revenus. Ce qui semble correspondre peu ou prou à 95% des contribuables assujettis à l'IR.

Les niches fiscales dans le viseur

Autre question: comment financer une telle mesure tout en respectant l’objectif de 2% de déficit en 2020, comme l’a promis le ministre ? Parmi différentes pistes, le gouvernement compte réduire les niches fiscales pour les entreprises, a confirmé Gérald Darmanin. Il existe en France 473 niches fiscales, ces mesures qui permettent de réduire son impôt, par exemple en déclarant ce qu’on verse à sa nounou, ou pour les entreprises, ses investissements en recherche et développement. Ces niches fiscales coûtent chaque année 100 milliards d’euros par an, dont 40 milliards au bénéfice des entreprises.

C’est donc sur ces 40 milliards que compte se pencher le gouvernement, pour y trouver quelques milliards à rogner et ainsi financer la baisse de l’IR. Pas question de toucher au crédit impôt recherche. En revanche, l’exécutif aurait tout particulièrement dans le viseur les réductions de taxes sur le carburant qui s’appliquent à certains secteurs comme le BTP. Bruno Le Maire aurait d’ailleurs prévenu la Fédération du bâtiment que Bercy travaillait sur cette piste, a fait savoir son président ce mercredi. De quoi rapporter quelques 750 millions d’euros à l’État.

Nina Godart