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Agriculteurs, ambulanciers, BTP: ces secteurs qui emboîtent le pas aux gilets jaunes

Une centaine d'ambulanciers ont bloqué, lundi 3 décembre, des accès de la place de la Concorde à Paris pour réclamer la suspension d'une réforme du financement des transports sanitaires.

Une centaine d'ambulanciers ont bloqué, lundi 3 décembre, des accès de la place de la Concorde à Paris pour réclamer la suspension d'une réforme du financement des transports sanitaires. - Christophe Archambault-AFP

Des secteurs d'activité profitent de la contestation sociale liée aux gilets jaunes pour faire avancer leurs propres revendications sectorielles ou protester contre les taxes, comme les agriculteurs ou les ambulanciers ou le BTP.

La crainte d'une contagion de la contestation sociale initiée par les gilets jaunes à plusieurs secteurs d'activité, est réelle. Les agriculteurs manifesteront "la semaine prochaine" pour que le gouvernement tienne ses promesses contenues dans la récente loi Alimentation, a annoncé la présidente de la FNSEA. "Nous serons dans la rue très prochainement pour dire stop au matraquage des agriculteurs et pour que le gouvernement tienne ses promesses sur la loi Alimentation", a dit la présidente du premier syndicat agricole français, dans un contexte de tensions avec les distributeurs lors des négociations commerciales.

Une centaine d'agriculteurs avaient déjà déversé 40 tonnes de pierres devant la préfecture d'Eure-et-Loir, lundi soir, pour protester contre la hausse des taxes. Plusieurs tracteurs ont défilé dans Chartres et ont déversé des bennes de pierres provenant de champs du département face aux bureaux administratifs.

Le monde agricole s'estime victime de hausses de taxes

"Notre mouvement de contestation s'inscrit en marge des gilets jaunes et vise à montrer que la politique d'Emmanuel Macron sur les taxes conduit dans le mur de pierres que nous avons érigé ce soir", a déclaré Julien Lefèvre, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs d'Eure-et-Loir, le syndicat agricole à l'origine de cette manifestation.

"Nous soutenons les gilets jaunes en tant que citoyens mais pas en tant qu'agriculteurs parce qu'on ne défend pas les mêmes choses", a-t-il précisé "Le monde agricole est victime lui aussi de la hausse des taxes. En janvier, la RPD (redevance pollutions diffuses) va augmenter de 50 à 300 %, selon les produits phytosanitaires, ce qui correspond à une hausse des taxes de 3.000 EUR par an pour une ferme moyenne en Beauce", revendique le syndicaliste agricole.

Les ambulanciers protestent contre un article de loi

Hier lundi 3 décembre, six-cents ambulances avaient bloqué à Paris certains accès à la place de la Concorde pour obtenir la suspension d'une réforme du transport sanitaire qui selon eux menace directement leur métier, un mouvement commencé début novembre qu'ils veulent maintenir séparé de celui des "gilets jaunes".

Les manifestants, gérants ou employés de petites et moyennes entreprises de transport sanitaire, protestent contre l'article 80 du projet de budget de la sécurité sociale 2017, entré en vigueur le 1er octobre 2018. Cette mesure a renversé les règles des transports entre établissements de santé: désormais, hôpitaux et cliniques choisissent leurs ambulances par appel d'offres et en assument directement le coût, y compris les ambulances privées, auparavant réservées par les patients.

Le secteur du BTP veut garder le gazole non routier détaxé

Enfin certains dépôts pétroliers sont bloqués comme à Lorient (Morbihan) depuis le 27 novembre par des indépendants du secteur des travaux publics rejoints par des "gilets jaunes", les premiers dénonçant la fin, au 1er janvier 2019, du gazole non routier (GNR) détaxé pour les entreprises du secteur.

À Brest, les manifestants du secteur des travaux publics ont revêtu des gilets oranges pour se différencier des "gilets jaunes". Ils bloquent le dépôt du port de Brest depuis mercredi 28 novembre à l'aide de tractopelles, camions et grues de chantier, tandis que des bungalows ont été installés sur des rails devant le site. Alors que le blocage était initialement filtrant, plus aucun camion ne rentre ni ne sort depuis vendredi.

F.Bergé avec AFP