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Valls lâche 2 milliards d'euros aux députés socialistes pour qu'ils votent ses réformes

Christian Eckert estime que les concessions faites aux députés sont déjà significatives.

Christian Eckert estime que les concessions faites aux députés sont déjà significatives. - -

Les gestes du gouvernement à l'égard des élus de la majorité représentent près de deux milliards d'euros. Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, explique aux Echos de ce jeudi 19 juin, que ces aménagements sont "déjà significatifs".

Le pacte de responsabilité a déjà été bien amendé et l'examen par les députés des deux collectifs budgétaires et sociaux risque encore de renforcer la tendance. Selon les Echos de ce jeudi 19 juin, entre les concessions aux députés socialistes déjà actées par le gouvernement et celles qui sont probables, le coût des "cadeaux" représente près de 2 milliards d'euros.

Cette somme comprend notamment le geste fiscal de Manuel Valls sur l'impôt sur le revenu pour 3,7 millions de ménages modestes, dont le coût est estimé à 1,1 milliard d'euros. Les exonérations de taxe d'habitation qui seront adoptées dans les prochains jours ne sont pas comptabilisées dans ce montant. Elles devraient coûter près de 50 millions à la charge de l'Etat.

La revalorisation des retraites de base de moins de 1.200 euros par mois, principale concession de l'exécutif sur le plan d'économies de 50 milliards d'euros, est chiffré à 300 millions d'euros.

Des propositions gagées sur les économies

A ces mesures déjà actées s'ajoutent des gestes supplémentaires dont les contours exacts restent à définir. Comme par exemple l'allégement supplémentaire pour les emplois à domicile qui reste à financer. C'est aussi le cas de la revalorisation des aides au logement, des pensions d'invalidités et des rentes versées aux victimes d'accident du travail.

Et les députés pourraient aller plus loin: ils souhaiteraient notamment que les retraites complémentaires du privé les plus modestes, qui ont été gelées au début de l'année, fassent l'objet d'un geste. "Techniquement, il y a une multitude de caisses qui versent des retraites complémentaires, ce serait très complexe", leur répond, dans les Echos de ce jeudi, Christian Eckert, le secrétaire d'Etat au Budget.

"Sur le fond , les partenaires sociaux ont décidé le gel des retraites complémentaires, le gouvernement ne peut pas leur demander de revenir en arrière", ajoute-t-il.

Plus globalement, Christian Eckert prévient que les concessions ont déjà été importantes. "En tenant compte du dégel des petites retraites de base et la baisse de l'impôt sur le revenu, les aménagements au pacte sont déjà significatifs". Il indique ainsi que les élus devront, lors du débat parlementaire gager "leurs nouvelles propositions par des économies".

J.M.