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Une pétition sur Facebook pour repousser la réduction du déficit à 3%

Sur Facebook, les internautes sont invités à relayer l'appel des "3% c'est pas maintenant"

Sur Facebook, les internautes sont invités à relayer l'appel des "3% c'est pas maintenant" - -

Le magazine Alternatives économiques demande à François Hollande de se libérer de son engagement de réduction de déficit pour 2013. Au vu de la conjoncture, estime le média, atteindre cet objectif nécessiterait une politique de rigueur qui, au final, serait contreproductive.

A l’impossible nul n’est tenu, c’est un peu le message que tente d’adresser au gouvernement le mouvement "les 3 % c’est pas maintenant". C’est le magazine Alternatives Economiques qui en est l’instigateur et qui vient de relayer cet appel en créant une page évènement sur Facebook. Les internautes sont invités à manifester leur adhésion en s’inscrivant comme participant et en le relayant auprès de leur réseau.

Le mensuel estime que l’objectif de faire revenir les déficits publics sous la barre des 3 % du PIB dès 2013 est "inatteignable et contreproductif", car il ne va conduire qu’à affaiblir davantage le pays.

En cause : la conjoncture économique, qui n’a fait que de se dégrader depuis l’élection de François Hollande, avec les menaces de plus en plus sérieuse de récession pour la France.

Ne pas fragiliser davantage l'économie

"Dans ces conditions vouloir ramener de 4,5% en 2012 à 3% du PIB les déficits publics dès 2013 risque de plonger l’économie française dans la dépression et de faire bondir le chômage alors que celui-ci vient déjà de battre les records établis dans les années 1990", détaille le manifeste publié sur Facebook. 

En effet, les mesures d’austérité draconiennes qu’il sera nécessaire de prendre pour mener à bien la réduction du déficit vont réduire l’activité économique qui, du coup, a très peu de chances de s’accroître vraiment de 0,8% en 2013, mais plutôt d’atteindre un niveau nul. Et ainsi rendre encore plus difficile un éventuel redressement des finances publiques.

Les conséquences ne se limiteraient pas uniquement à l’Hexagone, elles pourraient aussi peser sur l’Europe. "Une telle politique risquerait de plus d’aggraver de façon significative les difficultés de la zone euro et de relancer la crise des dettes souveraines européennes", préviennent les auteurs.

D’ailleurs, si le message des "les 3 % c’est pas maintenant" s'adresse en premier à Francois Hollande, l’ambition est que cette initiative se propage aux autres dirigeants européens. Les auteurs lui laissent le choix de "trouver les moyens de convaincre". Un sacré defi.

Coralie Cathelinais