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Les sociétés d'autoroute à nouveau dans le viseur

les sociétés concessionnaires gèrent 9.000 kms d'autoroute

les sociétés concessionnaires gèrent 9.000 kms d'autoroute - J6P Muller-AFP

La polémique entre les pouvoirs publics et les sociétés concessionnaires d’autoroute va-t-elle rebondir à la rentrée? En cause le dernier rapport de l’Arafer, l'autorité de régulation du secteur créée par la loi Macron, qui s’étonne du coût et des conditions d’attribution de certains marchés de travaux passés par ces sociétés.

Ségolène Royal participe depuis le début du mois à une expédition scientifique au Pôle nord sur l’impact du réchauffement climatique. Cela explique sans doute pourquoi la ministre de l’Ecologie, qui a aussi dans son portefeuille ministériel les autoroutes, n’a pas poussé l’un des "coups de gueule" dont elle est coutumière au moment des grands départs en vacances.

Il y avait pourtant de quoi. En effet, fin juillet, dans son rapport annuel, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer)- qui depuis l'entrée en vigueur de la loi Macron doit aussi contrôler les activités des sociétés autoroutières- s’en est pris à certaines pratiques de ces sociétés.

Ecarts de prix curieux

L’Arafer s’étonne des écarts de prix entre le coût estimé et le coût final –nettement plus élevé- de certains marchés de construction et d’entretien des autoroutes signés par les concessionnaires comme Vinci ou Eiffage. 

Le régulateur trouve également curieux que les filiales de BTP de ces groupes décrochent de très nombreux contrats au détriment d’autres PME du secteur qui ne sont pas dans leur giron. Des critiques en ligne avec celles de l'Autorité de la concurrence en 2014. 

Rendez-vous en septembre

On s'en doute, les sociétés concessionnaires n’ont pas du tout apprécié ce rapport. "C'est un procès d’intention qui ne dit pas son nom". "Il alimente la suspicion à l’égard des procédures de passation des marchés", estime l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa) qui regroupe les grands du secteur. 

Le président de l’association, Jean Mesqui, vient d'ailleurs de demander un rendez-vous à Bernard Roman, son homologue de l’autorité de régulation, début septembre pour mettre les choses à plat. Pour l’instant, la date de cette rencontre au sommet n’a pas été fixée.

Rencontre à risque

Mais qui dit que cette rencontre ne va pas se retourner contre les sociétés concessionnaires? Quand on se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, Ségolène Royal voulait faire rendre gorge aux sociétés d’autoroutes. Que certains députés socialistes voulaient que l’État dénonce les concessions. Et qu’ils n’ont toujours pas avalé que Manuel Valls accorde des hausses de tarifs jusqu’en 2023.

De plus, ces mêmes sociétés concessionnaires ont aussi obtenu un allongement de deux ou quatre ans de la durée de leur concession, en échange de l’engagement d’investir 3 milliards dans la modernisation du réseau.

Il ne faudrait pas beaucoup pour que la polémique reprenne de plus belle cet automne, à l'approche des élections. 

P.C