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Les députés et les lobbies: des liaisons dangereuses?

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, certains députés défendent l'utilité des lobbies.

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, certains députés défendent l'utilité des lobbies. - -

La nouvelle déontologue de l'Assemblée nationale, Noëlle Lenoir, publie ce 20 novembre son rapport qui formule notamment des propositions pour mettre fin aux situations de conflits d'intérêts de certains députés. Qu'en pensent ces derniers?

Proposition choc ce 20 novembre. Dans son premier rapport annuel en tant que déontologue de l’Assemblée, l’avocate Noëlle Lenoir propose de réduire de 40% l'indemnité de frais de certains députés-maires pour mieux rémunérer leurs collaborateurs placés parfois en situation de conflit d'intérêts.

C'est toute la question des relations incestueuses de certains élus avec divers intérêts économiques qui est posée une fois de plus. Nos députés sont-ils sous l’influence des lobbies?

A l'Assemblée, ils reconnaissent être sollicités en permanence par les entreprises, les ONG, les associations. Et si des règles de déontologie existent, elles ne sont pas réellement contraignantes. Il convient de déclarer les "cadeaux" de plus de 150 euros, les frais d'hébergement lors d'invitation. Des règles relevant du déclaratif.

Les lobbies sont importants

Certains assument d'écouter les lobbies. "Si c'est criminel d'accepter un déjeuner avec une entreprise qui veut vous exposer un problème, où va-t-on?", s'insurge Alain Gest, le député UMP de la Somme.

Du coup, certains mettent en garde contre une volonté de légiférer trop étroitement sur ce sujet. Ils expliquent que les lobbies sont importants dans la mesure où ils participent au débat démocratique en faisant remonter les informations de terrain.

Tous les élus, sans exception, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, renvoient à ce qu'ils considèrent comme le temple du lobby, là où tout se fait et se défait: Bruxelles.

Jean-Baptiste Huet envoyé spécial à l'Assemblée nationale