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Les CAF redoutent la réforme des rythmes scolaires

Les Caisses d'allocations familiales, qui devront effectuer de lourdes économies, craignent le coût de la réforme des rythmes scolaires.

Les Caisses d'allocations familiales, qui devront effectuer de lourdes économies, craignent le coût de la réforme des rythmes scolaires. - -

Les Caisses d'allocations familiales estiment à "plusieurs centaines de millions d'euros" l'impact de la réforme des rythmes scolaires sur leurs finances. C'est ce qu'affirme leur président, jeudi 14 mars.

Le financement de la réforme des rythmes scolaires inquiète. Les communes ont déjà fait part de leurs difficultés à mettre en place les activités périscolaires, faute de temps et d’argent.

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C’est au tour des Caisses d’allocations familiales (CAF) de monter au créneau. La réforme pourrait en effet leur coûter "plusieurs centaines de millions d'euros", selon leur président, Jean-Louis Deroussen qui s'exprimait sur Radio Classique, jeudi 14 mars.

Le retour à la semaine de quatre jours et demi "est une décision un peu unilatérale à ce jour du ministère de l'Education nationale qui demande aux collectivités locales (...) d'accueillir les enfants" en dehors des heures de classe, a déclaré le président (CFTC) du conseil d'administration de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), la branche famille de la Sécu.

"Et unilatéralement, on pense que les CAF, dans la mesure où elles financent les centres aérés du mercredi, vont intervenir (financièrement) et proposer de l'animation", selon lui. "Le surcoût est un peu difficile à chiffrer" car il est difficile de savoir combien d'enfants seront concernés, mais ce sera "autour de plusieurs centaines de millions d'euros".

La CAF contre la fiscalisation des prestations familiales

D’autant qu’à la demande du gouvernement, la branche famille va devoir faire des économies pour revenir à l'équilibre en 2016.

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Selon le dernier chiffrage, le besoin de financement serait alors de 2,2 milliards d'euros, sans tenir compte de la réforme des rythmes scolaires. Les pistes d'économies seront décidées vers début avril.

Jean-Pierre Deroussen s’est, par contre, dit opposé à une éventuelle fiscalisation des prestations familiales, régulièrement évoquée ces derniers temps.

"Fiscaliser les aides, c'est reprendre d'une main ce qu'on a donné de l'autre et surtout, c'est enrichir les caisses de l'Etat et non pas retrouver l'équilibre dans notre branche", a-t-il déclaré.

La réforme des rythmes scolaires bute donc sur son financement. Et, malheureusement pour le gouvernement, cette situation est en train de devenir un cas d’école.

Y.D.