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Le système de protection sociale français permet bien de réduire la pauvreté

Selon une étude du service statistique du ministère de la santé, la France reste de loin la championne d'Europe des dépenses sociales. Et si les moyens consacrés à la lutte contre la pauvreté sont proches de ceux de ses voisins, la proportion de pauvres y est plus faible.

Par la générosité de ses systèmes de retraite et de santé, la France est sans conteste le pays d'Europe qui consacre le plus d'argent à la protection sociale de ses habitants. Mais elle se distingue moins de ses voisins dans les moyens qu'elle consacre à la lutte contre la pauvreté. C'est ce qui ressorts d'une étude de la Drees publiée ce jeudi.

La France a versé 714,5 milliards d'euros de prestations sociales en 2016. Ces dépenses représentent 32,1% de son PIB (+4 points en 20 ans), alors que la moyenne au sein de l'Union européenne est de 27,5%. La France fait donc mieux que le Danemark et la Finlande.

Et cet effort repose sur la dépense publique. Seuls 9% des prestations sociales sont assumées par le secteur privé (mutuelles ...). Santé et vieillesse représentent ensemble 81% des dépenses de protection sociale, suivies des prestations familiales (8%) et de celles liée à l'emploi (chômage, insertion, 6%). Comme le logement, la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale représente 3% des dépenses.

La lutte contre la pauvreté coûte moins de 3% du PIB

Alors qu'Emmanuel Macron a récemment regretté qu'"on met(te) un pognon de dingue dans les minima sociaux" et que "les gens pauvres restent pauvres", la Drees a évalué l'effort social de la nation en matière de lutte contre la pauvreté et l'exclusion entre 1,8% et 2,6% du PIB en 2016, selon le périmètre considéré.

Si on additionne les minima sociaux (RSA, Allocation adulte handicapé, minimum vieillesse ...) et d'autres prestations comme la prime d'activité et les mécanismes permettant d'alléger la charge fiscale des ménages pauvres, l'effort a atteint 40,5 milliards d'euros en 2016 (+3,5% par an en moyenne ces dix dernières années), soit 1,8% du PIB. Et si on ajoute la part des allocations logement et prestations familiales versée aux ménages pauvres, l'effort est chiffré à 57 milliards d'euros, soit 2,6% du PIB.

La France affiche par ailleurs un taux de pauvreté monétaire -proportion de la population vivant en dessous de 60% du niveau de vie médian, soit avec moins de 1.000 euros par mois- meilleur que la moyenne européenne. Il est estimé par la Dress à 13,6% en 2016 (+1,1 point depuis 2008) contre 17,1% au sein de l'Union. En Suède, en Allemagne et au Royaume-Uni, le taux de pauvreté se situe autour de 16%, tandis qu'il dépasse 22% en Espagne.

Selon les calculs d'Eurostat, la totalité du système de redistribution sociale et fiscale "réduit de l'ordre d'une dizaine de points la pauvreté et l'exclusion sociale en France". Sans son filet de protection sociale, le taux de pauvreté se situerait à 24% environ, assure la Drees.

Y.D. avec AFP