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Le gouvernement peut-il augmenter ses fonctionnaires ?

Selon Bercy, la hausse du point d'indice coûterait 1,5 milliard d'euros

Selon Bercy, la hausse du point d'indice coûterait 1,5 milliard d'euros - -

A l'approche de l'ouverture des négociations salariales dans le public, les fonctionnaires sont appelés à manifester, jeudi 31 janvier. Mais à la recherche de 60 milliards d'économies en cinq ans, le gouvernement a peu de chose à lâcher.

C'est la première fois que les fonctionnaires descendront dans la rue depuis l'élection de François Hollande. Jeudi 31 janvier, ils sont ainsi appelés par leurs syndicats à manifester leur grogne à l'approche des négociations salariales qui doivent débuter le 7 février prochain. Même si le mécontentement a d'autres raisons comme la réductions d'effectifs dans les ministères (sauf pour l'éducation et la sécurité) ainsi que la poursuite de la réforme administrative engagée sous Nicolas Sarkozy...

En d'autres termes, cette catégorie sociale plutôt acquise à la gauche estime être sacrifiée sur l'autel de la réduction des déficits. En cinq ans, le gouvernement a, en effet, annoncé sa volonté de réaliser 60 milliards d'économies budgétaires.

Point d'indice gelé

Première conséquence pour les fonctionnaires : le gouvernement ne revalorisera pas en 2013 le point d'indice qui sert de calcul à leur traitement. Cela fera quatre ans qu'une telle augmentation générale n'aura pas lieu. Pour 2014 et 2015, Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique, devrait promettre des petits coups de pouce en cas de reprise de la croissance.

En terme macro-économique, une hausse de 1% du point d'indice se traduit mécaniquement par 1,5 milliard d'euros de dépenses en plus pour les finances publiques. Impensable alors que les dépenses de personnel de l'Etat représente déjà 117 millions d'euros (dont 40% de cotisations sociales). Le gouvernement va toutefois rappeler que les augmentations générales ne représentent qu'un quart de la hausse globable de la masse salariale des fonctionnaires.

Primes au mérite remises en cause

Pour faire passer la pilule, le gouvernement va en tout cas annoncer une mesure symbolique : la remise en cause des primes dites à la performance instaurées sous le quinquennat Sarkozy pour certains fonctionnaires d'encadrement et que dénonçaient les syndicats. En 2011, ce dispositif a concerné 55 000 agents qui ont reçu collectivement 362 millions d'euros. A terme, la prime de fonction et de résultats (PFR) devait s'appliquer à 200 000 agents sur un peu plus de 2 millions de fonctionnaires d'Etat.

Le gouvernement va donc faire un geste en direction des syndicats en intégrant la prime dans le traitement des intéressés, sauf pour les hauts fonctionnaires. Mais ce symbole suffira-t-il à calmer la grogne des 5 millions d'agents publics ?

Patrick Coquidé