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La politique spatiale française est inadaptée selon la Cour des comptes

La Cour des comptes, à Paris

La Cour des comptes, à Paris - -

Dans un référé publié ce jeudi 4 avril, la Cour des comptes constate que la politique menée par la France en matière spatiale profite exagérément aux autres pays. Par ailleurs, elle estime qu'aucun des lanceurs actuels n'est vraiment adapté tant pour des raisons de coût que techniques.

La politique spatiale française est un succès mais elle est trop coûteuse : la France a assuré, avec la filière Ariane, le transport spatial de l'Europe et c'est toujours la France qui supporte à 80% l'ensemble des coûts relatifs au Centre spatial de Guyane dépendant du CNES (Centre national d'études spatiales).

Voilà en résumé la teneur du référé adressé par la Cour des comptes à Jean-Marc Ayrault et rendu public ce jeudi 4 avril. La Cour ajoute que la France finance également à près de 60% le soutien à l'exploitation du lanceur Ariane 5, "seul garant actuel d'un accès indépendant à l'espace pour l'Europe".

Elle ajoute: "les partenaires européens de la France sont de plus en plus réticents à participer au financement du soutien à l'exploitation de la filière Ariane 5 à un niveau reflétant le retour industriel dont ils continuent à bénéficier dans le cadre de la production des lanceurs".

Quid d'Ariane 6 ?

Autre critique de la Cour: les trois lanceurs utilisés en Guyane, Ariane, Soyouz et Vega, ne sont pas vraiment adaptés aux lancements commerciaux actuels. L'exploitation d'Ariane "requiert un soutien financier de l'ordre d'une vingtaine de millions d'euros par tir. Autrement dit, l'Europe et notament la France sont conduits à subventionner le lancement de satellites pour la plupart non européens", commente la Cour.

Soyouz, quant à lui, dépend des Russes et leurs engagements ne vont pas au delà de 2016. Enfin, le petit satellite Vega est trop coûteux.

La Cour recommande donc au gouvernement de "définir de manière claire et cohérente l'objectif d'utilisation de Soyouz en Guyane dans l'hypothèse d'une mise en service d'Ariane 6 qui vise le même marché". A défaut, insiste la Cour, "il y aurait un risque de mise en jeu de la garantie de l'Etat sur l'emprunt contracté par Arianespace auprès de la Banque européenne d'investissement et/ou d'une nécessaire recapitalisation d'Arianespace, dont le CNES est le premier actionnaire".

P.C