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La fuite des cerveaux? Une bonne nouvelle pour les DRH

Les jeunes français partent de plus en plus à l'étranger. Une bonne chose pour le président de l'ANDRH.

Les jeunes français partent de plus en plus à l'étranger. Une bonne chose pour le président de l'ANDRH. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Une enquête commandée par la Chambre de Commerce et d'industrie de Paris démontre que de plus en plus de jeunes quittent la France. Paradoxalement une bonne nouvelle pour Jean Christophe Sciberras, président de l’ANDRH.

Le nombre de Français établis à l'étranger a progressé de 3 à 4% par an sur la décennie écoulée. En atteste l'étude de la Chambre de Commerce et d'industrie de Paris-Ile-de-France (CCIP), dont Le Monde dévoile des extraits le 10 mars. Aujourd'hui, entre 1,5 et 2 millions de ressortissants de l'Hexagone auraient fait leurs valises.

Une population "qualifiée et active", composée de "jeunes, de cadres dirigeants, de grandes fortunes et d'entrepreneurs". Des expatriés de moins en moins pressés de rentrer: la proportion de ceux qui envisagent un séjour à l'étranger de plus de 10 ans est passée de 27% à 38% entre 2005 et 2013, relève encore Le Monde. En outre, 27% des jeunes envisageraient désormais leur carrière à l'étranger, contre 13% en 2012, selon une étude Deloitte.

Faut-il s'inquiéter de ces chiffres ? Ce n'est en tout cas pas l'avis de Jean-Christophe Sciberras, le président de l’Association nationnal des directeurs de Ressources humaine (ANDRH). Pour lui, c'est au contraire une très bonne nouvelle.

En France, il y a une tradition du retour

Certes, "les jeunes sont beaucoup plus tentés qu'avant par l'étranger, c'est la génération Erasmus. Et plus on y va, plus on a envie d'y retourner", reconnaît-il. Mais c'est "plutôt une bonne nouvelle, dans un monde globalisé, que des jeunes partent découvrir ce qui se passe ailleurs".

A leur retour, "fort de leurs expériences, de leurs idées, de leurs rencontres, ils deviennent des collaborateurs bien mieux armés pour travailler dans des entreprises mondialisées, où ils sont tous les jours en contact avec des clients, des fournisseurs, des partenaires étrangers. Ils parlent mieux anglais, cela nous remet à niveau dans la compétition globale", estime le représentant des DRH.

Reste à voir si ces expatriés vont effectivement rentrer en France. Jean-Christophe Sciberras n'est pas inquiet. Pour lui, "la France n'est pas traditionnellement un pays d'émigrants. On pourrait s'alarmer si les taux étaient beaucoup plus massifs que ceux qu'on voit, comme en Espagne ou au Portugal, d'où les jeunes partent pour ne plus rentrer". Mais dans l'Hexagone, "il y a une tradition de retour".

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N.G. et BFM Business