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L’Allemagne attire les cerveaux d’Europe du Sud

Les jeunes diplômés fuient le chômage du sud de l'Europe pour gagner l'Allemagne.

Les jeunes diplômés fuient le chômage du sud de l'Europe pour gagner l'Allemagne. - -

Conséquence de la crise des dettes souveraines, de plus en plus de jeunes diplômés quittent l'Espagne l'Italie, la Grèce, pour rejoindre l'eldorado allemand de l'emploi.

La France est-elle encore une terre d'immigration professionnelle ? Les députés discutent, ce mardi 16 avril, de la question après la publication d'un rapport démontrant que la France a de plus en plus de mal à attirer les talents. Un projet de loi est attendu à l'été.

Pour le coup, l'Allemagne, elle, a une politique très forte en la matière. A tel point qu'elle est en train de vider reste de l'Europe de ses cerveaux. L'immigration n'y est plus composée de paysans turcs d'Anatolie venus faire tourner les usines automobiles, comme dans les années 60.

Aujourd'hui, les immigrés sont Italiens, Espagnols, Grecs ou Portugais, diplômés des meilleures universités de leur pays. Des dizaines de milliers d'Européens du Sud, qui fuient le chômage et la récession. Les Allemands leur ont même trouvé un surnom : les "Gastarbeiter", les nouveaux travailleurs invités.

Un handicap pour redresser les pays du Sud

Le premier pays de la zone euro a besoin de centaine de milliers de salariés qualifiés pour maintenir sa cadence économique. Plusieurs Land allemand ont, par exemple, conclu des programmes d'échanges avec des régions espagnoles. La fréquentation des cours d'allemands bat des records partout en Europe.

De nombreuses entreprises outre-Rhin envoient même leurs chasseurs de têtes directement dans les foires à l'emploi espagnoles ou portugaises. Mais ce rêve allemand à son revers : pour les économistes, la fuite des cerveaux rendra encore plus difficile le redressement des économies d'Europe du Sud.

Simon Tenenbaum