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La France va continuer de s'endetter plus vite que l'Europe

La France sera un des trois pays de la zone euro qui va augmenter ses recours au financement des marchés en 2015.

La France sera un des trois pays de la zone euro qui va augmenter ses recours au financement des marchés en 2015. - Mal Langsdon - Reuters

L'Hexagone fera partie en 2015 de la minorité de pays de la zone euro à augmenter significativement le montant de leurs emprunts, indique Les Echos ce mardi 2 décembre.

"En 2015, la France sera le seul pays de la zone euro à emprunter un montant record". Tel est le constat du journal Les Echos, ce mardi 2 décembre. Le quotidien s'est procuré d'une part les prévisions des différents Trésors, d'autres part les projections des analystes bancaires de chez Natixis, Société Générale et RBS.

Selon ces données, les Etats membres lèveront plus de 900 milliards d'euros sur les marchés en 2015, soit un montant à peu près équivalent à 2014. Malgré les réformes structurelles engagées un peu partout, la dette des pays membres de la zone euro va continuer à s'alourdir en 2015. Mais dans le club, certains vont emprunter moins que cette année, d'autres plus.

L'Hexagone fera donc partie de la minorité qui aura davantage recours au marché. La France, deuxième émetteur d'obligations souveraines derrière l'Italie, va lever un montant record sur les marchés: 216 milliards d'euros en 2015, soit 7% de plus qu'en 2014, autant qu'en 2010, l'année où elle avait émis le plus d'emprunts de son histoire. Seules l'Irlande et la Grèce accentueront aussi leurs émissions de dettes: Dublin de 45%, à 17 milliards d'euros, Athènes de 9%, à 6 milliards d'euros.

L'Etat français se finance à très bon marché

L'Allemagne, elle, émettra un total d'obligations souveraines stable par rapport à 2014, et même en recul de 4% (165 milliards d'euros). La première économie de la zone euro récupérera ainsi les fruits de son premier budget à l'équilibre depuis 45 ans. De son côté, l'Espagne va réduire ses appels au marché pour se financer, le résultat des efforts budgétaires réalisés ces dernières années.

Le bon côté des choses, c'est que l'Etat français devrait continuer de se financer à très bon marché. Les analystes cités par Les Echos estiment que le coût de financement de la France à 10% devrait passer sous les 1%. 

Au deuxième trimestre 2014, la dette française a dépassé les 2.000 milliards d'euros, pour la première fois de l'histoire. Selon l'Insee, elle atteint 95,1% du PIB. Le projet de loi de Finances 2015 prévoit qu'elle atteigne 98% du PIB en 2015

N.G.