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Juppé et Fillon veulent augmenter la TVA

Les deux finalistes de la primaire veulent augmenter la TVA pour financer la baisse des charges sociales.

Les deux finalistes de la primaire veulent augmenter la TVA pour financer la baisse des charges sociales. - Martin Bureau-Thomas Samson AFP

Il y a au moins un sujet sur lequel Alain Juppé et François Fillon ne risquent pas de s’écharper durant cette semaine: la TVA, puisque les deux postulants annoncent une hausse pour 2017. Mais pas la même.

"On a merdé sur le sujet". Ce jour d'octobre dernier, sur RMC, François Fillon s'est laissé aller à cette phrase qui ne lui ressemble pas.

Il faisait référence au fait que lorsque Nicolas Sarkozy était Président et lui son Premier ministre, ils avaient tardé à instaurer une TVA dite sociale puisqu’ils l’ont fait en fin de quinquennat, au début de 2012. Une hausse de 1,6 point de TVA que François Hollande s’est empressé de faire annuler une fois élu, même s’il a confessé ensuite qu’il avait fait une erreur.

Hausse de 16 milliards

Mais s’il est élu Président, Fillon ne veut pas faire une seconde erreur. Son programme prévoit en effet une hausse de 2 points des deux principaux taux de TVA (respectivement 20 et 10%) pour financer la baisse des charges des entreprises qui constitue l’un des points forts de son programme. Une mesure qui devrait s'appliquer dès la fin de 2017. 

Cette hausse devrait représenter autour de 16 milliards d'euros par an. Mais l’ancien Premier ministre a mis de l’eau dans son vin puisque dans les premières ébauches de son programme, il évoquait une hausse de 3 points et demi.

Juppé propose un point de hausse 

Alain Juppé, son challenger de dimanche prochain, est moins ambitieux puisqu’il promet un point seulement de hausse du taux normal actuellement de 20%, ce qui représenterait 6,5 milliards de prélèvements en plus.

Cette mesure doit lui permettre de financer sa promesse de "zéro cotisation sociale" au niveau du Smic et des cotisations dégressives jusqu'à 1,8 Smic. 

A priori, ce sont les consommateurs qui devraient assumer ces hausses de TVA. Mais rien n’est automatique avec le premier impôt français, qui rapporte plus de 150 milliards par an (contre 70 pour l'impôt sur le revenu). Toutes les études macro-économiques montrent que les entreprises ne répercutent pas totalement les hausses sur leurs clients. Tout dépend en fait de la concurrence dans les secteurs concernés.

Mais c’est vrai qu’avec une inflation très faible comme actuellement, augmenter un peu le prix d’un produit ou d’un service à cause d’une hausse de TVA ne devrait pas trop se voir. C’est un peu le pari que font Fillon et Juppé. 

Mais si les entreprises décident de ne pas répercuter ces hausses de TVA, elles devront prendre sur leurs marges. Ce qui aboutirait paradoxalement à alourdir leurs charges, l’inverse de ce que veulent Juppé et Fillon.

La gauche en embuscade

Une chose est certaine en tout cas: la gauche ne va pas manquer de faire de la hausse de la TVA un argument repoussoir contre le candidat de droite. Oubliant au passage que François Hollande et Manuel Valls ont bien augmenté la TVA en 2014 pour financer une partie de leur CICE.

Il faudra bien que le ou les candidats de gauche se positionnent sur la question de la TVA sociale qui refait son grand retour dans le débat politique. 

P.C