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Interview BFM Business: "Les Français ont le potentiel pour tenir le choc" de la rigueur

L'épargne des ménages est un facteur de résistance à la consolidation bugdétaire

L'épargne des ménages est un facteur de résistance à la consolidation bugdétaire - -

Le pacte budgétaire, qui doit être présenté en Conseil des ministres mercredi 19 septembre, et les objectifs du gouvernement vont nécessiter des efforts de la part des Français. Mais pour François Chevallier, stratégiste économiste à la Banque Leonardo, interviewé sur BFM Business, l’épargne des ménages permettra de limiter le choc induit par cet effort collectif.

Le texte du pacte budgétaire européen prévoit de réduire le déficit structurel (le déficit hors coûts liés au service de la dette) à 0,5% du PIB, mais aussi de ramener à l’équilibre les comptes des administrations publiques, et de mettre en place des mécanismes de correction automatique si l’Etat s’éloigne de cet objectif.

Aussi, le gouvernement français a décidé de renforcer sa discipline et sa crédibilité en créant un Haut conseil des finances publiques, chargé de veiller au bon respect de ces objectifs. La France affirme ainsi sa volonté de tenir le cap de la rigueur. D'ailleurs, selon François Chevallier, stratégiste économiste chez Banque Leonardo, interviewé dans l’émission Intégrale Bourse de BFM Business, la France n’a d'ailleurs pas d’excuse pour ne pas se serrer la ceinture. Il cite un argument important : "Les Français ont un taux d’épargne élevé [16,8% du revenu en moyenne en 2011, NDLR], ce qui leur donne le potentiel pour tenir un choc, notamment chez les ménages aisés".

Il rappelle ensuite qu’en 1996, le gouvernement avait procédé à une hausse de la TVA de deux points, à la veille de l’entrée dans la zone euro, pour respecter les critères de Maastricht. Selon lui, l’épargne des Français avait alors permis de ne pas "voir de ralentissement de la consommation que d’aucun attendait".

Le stratégiste pense qu’une politique crédible de redressement des finances publiques devrait rassurer les Français. "A ce moment-là ils maintiendront leur consommation et arrêteront d’épargner" affirme-t-il.

"pas de raison'' de ne pas réduire le déficit

François Chevallier en profite ainsi pour sonner l’urgence de la consolidation budgétaire. Il assure également que la France doit maintenir ses objectifs "car la France n’a aucune raison de ne pas réduire ses déficits publics et n’a pas besoin de voir son calendrier modifié".

Reste la question de savoir si tous ces dispositifs seront suffisants pour permettre au gouvernement de tenir son objectif de 3% de déficit rapporté au PIB d'ici 2013...

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