BFM Business

Hollande coincé entre déficit et baisse des charges

François Hollande présente, ce mardi 21 janvier, ses voeux aux milieux socio-professionnels

François Hollande présente, ce mardi 21 janvier, ses voeux aux milieux socio-professionnels - -

François Hollande présente, ce mardi 21 janvier, ses vœux aux "forces vives de l'économie". Il devrait donner des précisions sur la baisse des charges et les économies budgétaires liées. Mais celles-ci risquent d'écarter la France de ses objectifs de réduction du déficit.

La crédibilité de François Hollande est en jeu. Ce mardi 21 janvier, le président de la République présente à 11 heures ses vœux aux "acteurs de l'économie et de l'emploi", en clair syndicats et patronat.

Lors de son discours, il devrait réaffirmer en les précisant les baisses de charge supplémentaires accordées aux entreprises ainsi que les économies dégagées sur la période 2015-2017.

Mais ces promesses n'entraveront-elles pas les engagements de Paris vis-à-vis de la Commission européenne en termes de déficit? Or, sur ce sujet, François Hollande a été peu disert lors de sa conférence de presse du 14 janvier, alors qu'il a assuré que les baisses d'impôts des Français passeront par la réduction des déficits.

En effet, l'exécutif s'est privé de toute marge de manœuvre au niveau des recettes puisque Bernard Cazeneuve, puis Pierre Moscovici, ont déjà assuré que les prélèvements obligatoires pourraient être réduits dès 2016.

Des objectifs ambitieux

L'effort va donc se concentrer sur le volet dépenses publiques. François Hollande a promis des économies de 50 milliards d'euros entre 2015 à 2017. "Un objectif clairement ambitieux", relève Benoît Heitz, économiste chez Société Générale, qui attend le détail de ces économies. Sur la période 2014-2017, le montant s'élève même à 64 milliards d'euros en intégrant les économies déjà engagées.

Or, si le gouvernement ne réussit à pas réduire les dépenses, sa trajectoire concernant le déficit public s'en trouverait en conséquence compromise. La dernière loi de finances rectificatives, fin 2013, prévoit de ramener le solde budgétaire à 2,8% en 2015 après 3,6% en 2014, c'est-à dire sous les 3% fixés par les critères de Maastricht.

Vers un déficit de 4,2%

Ce scénario n'a, pour le moment, pas convaincu Bruxelles. Le 5 décembre, la Commission a livré ses prévisions économiques, indiquant tabler sur un déficit pour la France de 3,8% du PIB en 2014 et 3,7% en 2015. Benoît Heitz rappelle que "ces prévisions ne prennent en compte que les mesures déjà votées" par les parlements nationaux.

De plus, l'exécution budgétaire de 2013 a montré combien la France peine à tenir ses prévisions. Le 16 janvier, Bercy a annoncé un déficit pour 2013 de 74,9 milliards d'euros, soit 2,8 milliards de plus que ne le prévoyait le collectif budgétaire, voté en décembre.

Au final, le déficit rapporté au PIB devrait atteindre 4,2% pour 2013, soit 1,2% de plus que ce qui était inscrit dans le Budget ! Le chiffre exact sera connu lors de la loi de règlement pour 2013, qui devrait être votée au printemps.

>> Suivez en direct dès 11 heures sur BFMBusiness et BFMBusiness.com les voeux de François Hollande aux "acteurs de l'économie et de l'emploi".

Ces voeux seront suivis d'une émission spéciale animée par Hedwige Chevrillon qui recevra entre autres Pierre Gattaz, Raymond Soubie, Jean-Louis Beffa.

|||sondage|||1564

Julien Marion